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Assurance vie sans frais : ce qui existe vraiment

Assurance vie sans frais : ce qui existe vraiment
11 min de lecture4 novembre 2026

« Assurance-vie sans frais » : la formule est partout, et elle est à moitié vraie. Certains frais ont bel et bien disparu des bons contrats ; d'autres existent toujours, parce qu'ils rémunèrent un service réel. Surtout, se focaliser sur les frais fait oublier l'essentiel : ce qui enrichit un épargnant, c'est la performance nette de ses placements, pas le niveau de frais pris isolément. Ce guide fait le tri, chiffres à l'appui.

Réponse rapide : une assurance-vie peut être sans frais d'entrée, sans frais sur versement et sans frais d'arbitrage, et c'est le standard à exiger. Restent les frais de gestion de l'enveloppe, autour de 0,9 à 1 % par an pour un contrat accompagné, et ceux des supports, d'environ 0,5 % pour un fonds indiciel à 1,5 % pour un fonds de gestion active. Un fonds plus cher n'est pas un mauvais fonds : c'est sa performance, nette de frais, qui tranche.

En bref

  • 0 % de frais d'entrée, de versement et d'arbitrage : c'est possible, et c'est la norme à exiger.
  • Frais de gestion de l'enveloppe : 0,9 à 1 % par an, un niveau correct pour un contrat avec accompagnement.
  • Frais des supports : environ 0,5 % en gestion passive, jusqu'à 1,5 % en gestion active.
  • Un fonds à 1,5 % qui rapporte 12 % vaut mieux qu'un fonds à 0,3 % qui rapporte 7 %.
  • Les performances publiées par un fonds sont déjà nettes de ses frais : c'est elles qu'il faut comparer.

« Sans frais » : de quoi parle-t-on vraiment ?

Quand un contrat se présente « sans frais », il parle presque toujours des frais d'entrée et sur versement : ceux qui sont prélevés sur chaque somme que vous déposez. C'est un vrai progrès, car ces frais étaient longtemps la norme, à 3, 4 voire 5 % par versement. Mais aucun contrat n'est gratuit au sens strict : la gestion de l'enveloppe et celle des fonds ont un coût, qui se retrouve dans des frais annuels.

La bonne question n'est donc pas « ce contrat a-t-il des frais ? », mais « que payent ces frais, et que me rapporte ce contrat une fois tous les frais déduits ? ».

Les frais d'une assurance-vie : le tableau complet

Type de fraisSur un bon contratSignal d'alerteCe qu'ils rémunèrent
Frais d'entrée et sur versement0 %3 à 5 % par versementAucun : ils réduisent directement le capital investi
Frais d'arbitrage0 %0,5 à 1 % par opérationAucun : ils freinent les rééquilibrages
Frais de gestion de l'enveloppe0,9 à 1 % par anAu-delà, sans accompagnement réelRémunèrent l'assureur et le conseil : allocation, arbitrages, clause, suivi
Frais des supports (fonds, ETF)Environ 0,5 % (gestion passive) à 1,5 % (gestion active)Fonds chers durablement moins performants que leur indiceRémunèrent la société de gestion du fonds

Les deux premières lignes peuvent et doivent être à zéro. Les deux suivantes existent sur tous les contrats : tout l'enjeu est de savoir ce qu'elles vous apportent. Les contrats que Nvestir sélectionne, parmi plus de 30 assureurs comparés, n'ont ni frais d'entrée, ni frais sur versement, ni frais d'arbitrage.

Les frais à faire disparaître

Les frais d'entrée et sur versement sont les plus pénalisants, parce qu'ils amputent le capital dès le premier jour et que l'argent prélevé ne travaillera jamais pour vous. Sur 50 000 € placés pendant 20 ans à 4 % par an une fois les frais de gestion déduits :

ScénarioCapital après 20 ans
50 000 € versés, sans frais d'entrée109 556 €
50 000 € versés, 3 % de frais d'entrée (1 500 € prélevés)106 269 €
Écart après 20 ans- 3 287 €

Les 1 500 € prélevés à l'entrée en coûtent finalement 3 287 €, faute d'avoir fructifié. Les frais d'arbitrage posent un autre problème : facturés à chaque changement de support, ils dissuadent de rééquilibrer le contrat ou de sécuriser des gains au bon moment. Un bon contrat n'en facture aucun.

Les frais de gestion de l'enveloppe : 0,9 à 1 %

Ce sont les frais prélevés chaque année sur l'encours du contrat, fonds euros compris. Autour de 0,9 à 1 % par an, ils sont tout à fait corrects pour un contrat accompagné, parce qu'ils ne rémunèrent pas seulement la tenue du contrat. Ils financent aussi le conseil :

  • Une allocation construite pour vous, selon votre horizon, votre tolérance au risque et vos autres placements, plutôt qu'un choix fait seul dans une liste de centaines de fonds.
  • Le suivi et les arbitrages : rééquilibrer quand les marchés déforment l'allocation, sécuriser à l'approche d'un projet, remplacer un fonds qui déçoit.
  • La transmission : une clause bénéficiaire rédigée pour votre situation et tenue à jour.
  • La fiscalité : organiser les retraits pour profiter de l'abattement annuel, choisir le bon contrat pour chaque versement (voir abattement assurance-vie).

Une erreur évitée, une allocation mieux adaptée ou un fonds décevant remplacé à temps valent souvent bien plus que quelques dixièmes de point de frais. Et sur les contrats que Nvestir sélectionne, ces frais restent les mêmes quel que soit le mode de gestion : voir gestion libre, profilée ou pilotée.

Les frais des supports : 0,5 à 1,5 %

Chaque unité de compte a ses propres frais, qui rémunèrent la société qui gère le fonds. Leur niveau dépend surtout du type de gestion :

  • Gestion passive, autour de 0,5 %. Les ETF et fonds indiciels répliquent un indice, comme le MSCI World ou le S&P 500, sans chercher à le battre. Leur coût est faible, et leur performance est celle du marché, moins leurs frais (voir qu'est-ce qu'un ETF).
  • Gestion active, jusqu'à 1,5 % environ. Un gérant sélectionne les titres, ajuste l'exposition et cherche à faire mieux que son indice de référence. Ce travail a un coût, qui n'a de sens que s'il produit une meilleure performance.

Point essentiel, souvent mal compris : les performances publiées par un fonds sont déjà nettes de ses propres frais. Quand un fonds affiche + 12 % sur l'année, c'est après avoir prélevé ses 1,5 %. Comparer les frais d'un côté et les performances de l'autre revient donc à compter les frais deux fois.

La performance nette compte plus que les frais

C'est le point qui doit guider tous vos choix : un fonds n'est pas bon parce qu'il est peu cher, ni mauvais parce qu'il est cher. Ce sont ses performances qui disent s'il mérite sa place. Prenons deux fonds et 10 000 € investis sur chacun pendant une année.

FondsFrais du fondsPerformance sur un an, nette de ses fraisGain sur 10 000 €
Fonds A, gestion passive0,3 %+ 7 %+ 700 €
Fonds B, gestion active1,5 %+ 12 %+ 1 200 €

Le fonds B coûte cinq fois plus cher, et il rapporte 500 € de plus. Dans les deux cas, les frais de l'enveloppe sont les mêmes : ils ne changent pas le classement. C'est le fonds le plus cher qui était le meilleur choix.

Une année ne suffit pas pour autant à juger un fonds. Sur dix ans, l'écart se creuse dans un sens comme dans l'autre : voici 50 000 € placés, avec 1 % de frais d'enveloppe dans chaque cas.

Scénario sur 10 ansRendement net de tous fraisCapital final
Fonds indiciel : 6 % par an, net de ses frais5 %81 445 €
Fonds actif qui tient ses promesses : 8 % par an, net de ses frais7 %98 358 €
Fonds actif décevant : 4,5 % par an, net de ses frais3,5 %70 530 €

Un fonds actif qui fait durablement mieux que l'indice rapporte près de 17 000 € de plus qu'un fonds indiciel, malgré des frais plus élevés. Un fonds actif qui fait moins bien en coûte près de 11 000 €. La différence ne vient pas des frais, mais de la qualité de la gestion. D'où l'intérêt de suivre les performances de chaque support dans le temps, de les comparer à leur indice et aux fonds de leur catégorie, et de remplacer ceux qui déçoivent : c'est précisément le travail d'un conseiller.

Exemples illustratifs : les performances retenues sont des hypothèses, pas celles de fonds réels. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et l'investissement en unités de compte comporte un risque de perte en capital.

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Comment juger un contrat, au-delà des frais

0 % à l'entrée, sur versement et en arbitrage

C'est le standard d'un bon contrat aujourd'hui. Des frais de 3 à 5 % sur chaque versement sont le premier signal d'alerte : ils coûtent cher dès le premier jour, sans rien apporter en échange.

Environ 1 % pour l'enveloppe, avec un vrai accompagnement

Entre 0,9 et 1 % par an, c'est un niveau tout à fait correct pour un contrat qui comprend le conseil : construction de l'allocation, arbitrages, rédaction de la clause bénéficiaire, suivi dans le temps.

Des supports jugés sur leur performance nette

Les performances publiées par un fonds sont déjà nettes de ses propres frais. Comparez-les sur trois à cinq ans, face à leur indice de référence et aux fonds de la même catégorie, plutôt que de regarder les frais seuls.

Un fonds euros et une gamme de supports solides

Le rendement net du fonds euros, la diversité des supports proposés (ETF, fonds actifs reconnus, immobilier, obligations) et la qualité de l'assureur pèsent autant que la grille de frais.

Tous ces éléments figurent dans le document d'informations clés du contrat et dans le tableau standardisé des frais que chaque assureur doit publier. Pour chaque fonds, les frais courants et l'historique de performance sont dans son propre document d'informations clés et dans ses reportings mensuels.

Les vrais signaux d'alerte

  • Des frais sur versement de 3 à 5 %, encore pratiqués dans certains réseaux : ils coûtent cher sans contrepartie.
  • Des frais d'arbitrage, qui découragent de faire évoluer le contrat.
  • Des supports chers qui font durablement moins bien que leur indice : c'est la combinaison frais élevés et performance faible qui pose problème, pas les frais seuls.
  • Un contrat sans suivi : une allocation jamais revue, des fonds jamais remplacés, une clause bénéficiaire jamais relue coûtent souvent plus cher que n'importe quelle ligne de frais.

Si votre contrat actuel cumule ces défauts, ne le clôturez pas sans réfléchir : il a peut-être une ancienneté fiscale précieuse. Il est souvent préférable de cesser de l'alimenter et d'ouvrir un second contrat (voir avoir plusieurs assurances vie).

Et pour le PER ?

Le raisonnement est le même pour le plan d'épargne retraite : des frais sur versement et d'arbitrage à 0 % sont accessibles, des frais de gestion de l'enveloppe rémunèrent l'assureur et le conseil, et le choix des supports se juge sur leur performance nette. S'y ajoute l'avantage fiscal à l'entrée : les versements sont déductibles de vos revenus imposables. Pour un dirigeant, voir le PER du dirigeant.

Le mot de la fin

L'assurance-vie sans frais d'entrée, de versement et d'arbitrage existe, et c'est le minimum à exiger. L'assurance-vie totalement gratuite, elle, n'existe pas : environ 1 % de frais de gestion pour un contrat accompagné, et des supports de 0,5 à 1,5 % selon leur gestion, sont des niveaux corrects. Le reste se joue sur la performance : un fonds plus cher qui fait mieux, année après année, est un meilleur choix qu'un fonds bon marché qui fait moins bien. Pour revoir tous les atouts du contrat, voir pourquoi ouvrir une assurance-vie.

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Questions fréquentes

Existe-t-il une assurance-vie 100 % sans frais ?

Non. Les frais d'entrée, de versement et d'arbitrage peuvent être à 0 %, et c'est le cas sur les bons contrats. Mais les frais de gestion de l'enveloppe et ceux des supports existent toujours : ils rémunèrent l'assureur, le conseil et les sociétés de gestion des fonds.

Quels frais peut-on éviter ?

Les frais d'entrée, les frais sur versement (y compris programmés) et les frais d'arbitrage. Les contrats que Nvestir sélectionne n'en comportent aucun.

Des frais de gestion de 1 %, est-ce cher ?

Non, pour un contrat qui inclut un accompagnement. Entre 0,9 et 1 % par an, ces frais rémunèrent la tenue du contrat et le conseil : allocation adaptée à votre profil, arbitrages, clause bénéficiaire, suivi. C'est le niveau standard d'un contrat accompagné.

Les frais des fonds sont-ils inclus dans les frais du contrat ?

Non, ils s'ajoutent. Mais ils sont déjà déduits des performances publiées par chaque fonds : quand un fonds affiche + 12 % sur un an, c'est après ses propres frais de gestion. Seuls les frais de l'enveloppe restent à retrancher.

Faut-il toujours choisir le fonds le moins cher ?

Non. Un fonds à 0,3 % de frais qui rapporte 7 % fait moins bien qu'un fonds à 1,5 % qui rapporte 12 %. Ce qui compte, c'est la performance nette, comparée sur plusieurs années à celle de l'indice et des fonds concurrents. Un fonds cher n'est un mauvais choix que s'il ne fait pas mieux que les autres.

Gestion passive ou gestion active : laquelle choisir ?

Les deux ont leur place. La gestion passive (ETF, fonds indiciels) réplique un indice à faible coût, autour de 0,5 % par an. La gestion active cherche à faire mieux que l'indice, pour des frais plus élevés, jusqu'à 1,5 % environ : elle se juge sur sa capacité à y parvenir dans la durée. Beaucoup d'allocations combinent les deux.

Où trouver les frais d'un contrat ?

Dans le document d'informations clés (DIC) du contrat et dans le tableau standardisé des frais que les assureurs doivent publier. Pour chaque fonds, les frais courants et l'historique de performance figurent dans son propre document d'informations clés et dans ses reportings.

Sources

  • Code des assurances : document d'informations clés et tableau standardisé des frais des contrats d'assurance-vie
  • AMF, comprendre les frais de l'assurance-vie et des fonds
  • Règlement PRIIPs : présentation des coûts et des scénarios de performance
  • France Assureurs, données de marché sur les frais des contrats d'assurance-vie

Cet article a un caractère informatif et pédagogique ; il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation d'achat ou de vente. Les exemples sont illustratifs et reposent sur des hypothèses de performance qui ne préjugent pas des résultats futurs. L'investissement en unités de compte comporte un risque de perte en capital, partielle ou totale. Avant tout investissement, consultez le Document d'Informations Clés (DIC) du contrat et de chaque support et, le cas échéant, un conseiller habilité.

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Rédigé par

Pierrot Basso

Éditeur de contenus Finance

Pierrot Basso rédige des contenus pour Nvestir afin de démocratiser l'investissement et les finances personnelles.