PER du dirigeant : combien déduire, comment sortir

Pour un chef d'entreprise, le plan d'épargne retraite (PER) est souvent le levier fiscal le plus puissant à sa portée : chaque euro versé peut réduire le revenu imposable, jusqu'à près de 89 000 € par an pour un travailleur non salarié. Encore faut-il savoir par quelle porte déduire, puisque les règles diffèrent selon que vous êtes gérant majoritaire ou président de SAS, et comment sortir sans rendre à la retraite l'impôt économisé pendant la vie active. Ce guide chiffre les plafonds 2026 selon votre statut, calcule ce que rapporte réellement la déduction selon votre tranche d'imposition, puis détaille la sortie.
En bref
- Gérant majoritaire, indépendant, profession libérale (TNS) : vous déduisez de votre bénéfice, dans la limite de 10 % du bénéfice plus 15 % de la part comprise entre 1 et 8 PASS, soit jusqu'à 88 911 € en 2026.
- Président de SAS ou SASU (assimilé salarié) : vous déduisez de votre revenu global, dans la limite de 10 % de vos revenus d'activité, au maximum 37 680 € en 2026, reportable sur 5 ans et mutualisable avec votre conjoint.
- La déduction est intéressante à partir d'une tranche à 30 %, et d'autant plus que votre taux d'imposition baissera à la retraite. À 11 %, elle peut coûter plus qu'elle ne rapporte.
- À la sortie, rien n'est effacé : les versements déduits sont imposés au barème, les gains à 31,4 %. Une sortie fractionnée sur plusieurs années de faibles revenus limite la facture.
- Depuis 2026, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles.
TNS ou assimilé salarié : par quelle porte déduire ?
Le PER individuel est le même produit pour tous, mais la fiscalité à l'entrée dépend de votre statut social. C'est la première question à trancher, avec votre expert-comptable, avant tout versement.
| Critère | Dirigeant TNS | Dirigeant assimilé salarié |
|---|---|---|
| Qui est concerné ? | Gérant majoritaire de SARL ou SELARL, entrepreneur individuel, profession libérale, commerçant, artisan | Président de SAS ou SASU, gérant minoritaire ou égalitaire de SARL, dirigeant de SA |
| Texte applicable | Article 154 bis du CGI (ancien cadre Madelin) | Article 163 quatervicies du CGI |
| Sur quoi porte la déduction ? | Le bénéfice professionnel ou la rémunération de gérant | Le revenu net global du foyer |
| Plafond 2026 | 10 % du bénéfice (limité à 8 PASS) + 15 % de la part entre 1 et 8 PASS ; minimum 4 806 €, maximum 88 911 € | 10 % des revenus d'activité 2025 (limités à 8 PASS) ; minimum 4 710 €, maximum 37 680 € |
| Report du plafond non utilisé | Non | Oui : 5 ans pour les plafonds à partir de 2026, 3 ans pour ceux de 2024 et 2025 |
| Mutualisation avec le conjoint | Non | Oui, sur option dans la déclaration de revenus |
| Effet sur les cotisations sociales | Aucun : les versements sont réintégrés dans l'assiette des cotisations | Aucun |
Une règle simple encadre les deux régimes : un même versement ne se déduit qu'une fois. Un TNS qui dispose aussi d'un plafond au titre de l'article 163 quatervicies choisit, versement par versement, l'enveloppe utilisée ; en pratique, l'enveloppe professionnelle est la plus large dès que le bénéfice dépasse un PASS. Et ouvrir plusieurs PER ne multiplie pas le plafond : il reste global.
Le plafond du dirigeant TNS (ex-Madelin)
Le travailleur non salarié déduit ses versements de son bénéfice imposable de l'année, dans la limite du montant le plus élevé entre :
- 10 % du bénéfice, retenu dans la limite de 8 PASS, majorés de 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS ;
- ou 10 % du PASS, soit 4 806 € en 2026, un minimum garanti même en cas de bénéfice faible ou nul.
Le PASS, plafond annuel de la Sécurité sociale, vaut 48 060 € en 2026. C'est l'ancien plafond Madelin, repris tel quel par le PER depuis 2019. Voici ce qu'il donne concrètement :
| Bénéfice 2026 | Calcul | Plafond de déduction |
|---|---|---|
| 40 000 € | 10 % × 40 000 € = 4 000 €, inférieur au minimum | 4 806 € |
| 60 000 € | 6 000 € + 15 % × (60 000 − 48 060) € | 7 791 € |
| 150 000 € | 15 000 € + 15 % × (150 000 − 48 060) € | 30 291 € |
| 300 000 € | 30 000 € + 15 % × (300 000 − 48 060) € | 67 791 € |
| 384 480 € et plus (8 PASS) | 38 448 € + 15 % × 7 PASS | 88 911 € |
Trois précisions qui évitent les mauvaises surprises :
- Le plafond ne se reporte pas. Il se calcule sur le bénéfice de l'année du versement ; ce qui n'est pas utilisé est perdu. Comme le bénéfice n'est connu qu'à la clôture, beaucoup de dirigeants versent en fin d'année, sur la base d'une estimation de leur expert-comptable.
- La déduction réduit l'impôt, pas les cotisations sociales : les versements sont réintégrés dans l'assiette des cotisations. L'économie se mesure donc à votre seule tranche marginale d'imposition.
- Il faut être à jour de ses cotisations d'assurance vieillesse obligatoires pour pouvoir déduire. Le plafond est par ailleurs diminué de l'abondement reçu sur un PER d'entreprise.
Et votre ancien contrat Madelin ?
Les contrats Madelin ne sont plus commercialisés depuis le 1er octobre 2020, mais ceux ouverts avant continuent de fonctionner, avec le même plafond. Leur principale limite est la sortie, possible uniquement en rente viagère. Transférer le contrat vers un PER ouvre la sortie en capital, un choix plus large de supports et le déblocage pour l'achat de la résidence principale. Avant de transférer, vérifiez deux points : les frais de transfert, plafonnés par la loi, et l'existence de garanties devenues rares, comme une table de mortalité ou un taux de conversion en rente garantis, qu'un transfert ferait perdre.
Le plafond du président de SAS ou SASU
Le dirigeant assimilé salarié déduit ses versements de son revenu net global, dans la limite du montant le plus élevé entre 10 % de ses revenus d'activité de l'année précédente, nets de frais professionnels et retenus dans la limite de 8 PASS, ou 10 % du PASS de l'année précédente. Pour des versements effectués en 2026, le calcul se fait sur les revenus 2025 et le PASS 2025 (47 100 €) : minimum 4 710 €, maximum 37 680 €.
Pour un président de SASU qui a perçu 80 000 € de rémunération en 2025, soit 72 000 € après l'abattement de 10 % pour frais professionnels, le plafond 2026 est de 7 200 €. À 150 000 € de rémunération (135 000 € nets de frais), il atteint 13 500 €. Ce plafond est diminué des cotisations obligatoires versées pour vous sur un PER d'entreprise et de l'abondement de l'entreprise sur un PER collectif. Il figure chaque année sur votre avis d'imposition.
Deux mécanismes permettent d'aller plus loin :
- Le report sur 5 ans. La fraction non utilisée d'un plafond est reportable sur les cinq années suivantes pour les plafonds nés à partir de 2026. Les plafonds 2024 et 2025 restent soumis à l'ancien délai de trois ans : utilisables jusqu'en 2027 pour 2024, jusqu'en 2028 pour 2025. Une année exceptionnelle, par exemple celle d'un dividende ou d'une prime importante, peut ainsi absorber plusieurs années de plafond.
- La mutualisation au sein du couple. Un couple marié ou pacsé peut, sur simple option dans la déclaration de revenus, additionner ses deux plafonds et les utiliser pour les versements d'un seul des conjoints.
Attention à un point propre au président de SAS : ses dividendes ne sont pas des revenus d'activité et n'entrent pas dans le calcul du plafond. Un dirigeant qui se rémunère surtout en dividendes dispose donc d'un plafond PER réduit, souvent limité au minimum de 10 % du PASS.
Faire financer son épargne retraite par la société
Au-delà du PER individuel, le dirigeant peut bénéficier de dispositifs d'entreprise, financés par la société et déductibles de son résultat. Le président de SAS peut être couvert par un PER obligatoire (PERO) mis en place pour une catégorie objective de salariés dont il fait partie. Dans les entreprises de 1 à 250 salariés, le dirigeant, y compris TNS, peut adhérer au PER collectif et au plan d'épargne entreprise et recevoir l'abondement de l'entreprise. Ces dispositifs se combinent avec le PER individuel, dans le respect des plafonds de chacun.
Faut-il vraiment déduire ses versements ?
Déduire n'est pas toujours le bon choix. Le PER ne supprime pas l'impôt, il le décale : ce qui est déduit à l'entrée est imposé à la sortie. Le gain réel dépend de deux choses : l'écart entre votre tranche marginale d'imposition (TMI) au moment du versement et au moment de la sortie, et les années pendant lesquelles l'impôt économisé reste investi.
Simulation : PER déduit ou assurance-vie ?
Prenons 10 000 € versés sur un PER et déduits, investis 15 ans avec un rendement net de frais de 4,8 % par an, puis retirés en capital en une fois. L'économie d'impôt réduit le coût réel du versement ; pour comparer à armes égales, nous plaçons ce même coût réel sur une assurance-vie de plus de 8 ans, au même rendement, avec l'abattement de 4 600 €.
| Situation | Coût réel du versement | PER, net à la sortie | Assurance-vie, net à la sortie | Écart en faveur du PER |
|---|---|---|---|---|
| TMI 11 % à l'entrée, 30 % à la sortie | 8 900 € | 13 999 € | 16 083 € | − 2 084 € |
| TMI 30 % à l'entrée, 30 % à la sortie | 7 000 € | 13 999 € | 12 723 € | + 1 276 € |
| TMI 41 % à l'entrée, 30 % à la sortie | 5 900 € | 13 999 € | 10 778 € | + 3 221 € |
| TMI 45 % à l'entrée, 30 % à la sortie | 5 500 € | 13 999 € | 10 071 € | + 3 928 € |
| TMI 41 % à l'entrée, 11 % à la sortie | 5 900 € | 15 899 € | 10 778 € | + 5 121 € |
Les enseignements sont nets :
- À 41 % ou 45 %, le PER s'impose. Chaque tranche de 10 000 € versée coûte moins de 6 000 € et rapporte environ 3 200 à 3 900 € de plus qu'une assurance-vie au bout de 15 ans, et plus de 5 000 € si votre tranche retombe à 11 % à la retraite.
- À 30 % constant, l'avantage existe mais reste modeste : il vient de la capitalisation de l'économie d'impôt, pas d'un écart de taux. La souplesse de l'assurance-vie peut alors peser plus lourd.
- À 11 %, déduire est contre-productif si vos revenus remontent à la retraite. Vous pouvez alors renoncer à la déduction, versement par versement : la part versements sortira sans impôt.
Cette simulation est illustrative : le rendement n'est pas garanti, la tranche d'imposition à la retraite est une hypothèse et l'épargne du PER reste bloquée jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé. Notre comparatif pourquoi ouvrir une assurance-vie détaille ce que l'assurance-vie apporte en contrepartie : disponibilité à tout moment et transmission hors succession.
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Comment sortir d'un PER sans mauvaise surprise ?
À la retraite, vous choisissez librement entre une sortie en capital, en une ou plusieurs fois, une rente viagère, ou un mélange des deux, pour l'épargne issue de vos versements volontaires. La fiscalité diffère selon la forme de sortie et selon que vos versements ont été déduits ou non.
Sortie en capital
| Origine des sommes | Part versements | Part gains |
|---|---|---|
| Versements volontaires déduits | Barème progressif de l'impôt sur le revenu, sans abattement de 10 % et sans prélèvements sociaux | Flat tax de 31,4 % (12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux), ou barème sur option |
| Versements volontaires non déduits | Exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux | Flat tax de 31,4 % |
Sortie en rente
| Origine des sommes | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux |
|---|---|---|
| Versements volontaires déduits | Barème progressif après l'abattement de 10 % des pensions | 18,6 % sur une fraction de la rente qui dépend de l'âge au premier versement |
| Versements volontaires non déduits | Seule une fraction est imposable (régime des rentes viagères à titre onéreux) | 18,6 % sur cette même fraction |
La fraction de la rente soumise aux prélèvements sociaux dépend de votre âge au premier versement : 70 % avant 50 ans, 50 % entre 50 et 59 ans, 40 % entre 60 et 69 ans, 30 % à partir de 70 ans. La rente est versée à vie, ce qui protège contre le risque de longévité, mais le capital n'est pas récupérable et, sauf option de réversion, rien n'est transmis au décès.
La stratégie de sortie du dirigeant
L'erreur la plus coûteuse est de tout retirer en capital l'année de son départ, souvent une année de revenus encore élevés, avec parfois le produit de la cession de l'entreprise. Les versements déduits s'ajoutent alors à vos autres revenus et peuvent vous faire basculer dans une tranche à 41 % ou 45 %, voire déclencher la contribution sur les hauts revenus. Trois réflexes :
- Fractionner la sortie en capital sur plusieurs années, pour rester dans une tranche plus basse.
- Attendre la première année pleine de retraite, généralement celle où vos revenus baissent.
- Combiner capital et rente : le capital pour les projets, la rente pour un revenu garanti à vie, qui bénéficie de l'abattement de 10 %.
Peut-on débloquer un PER avant la retraite ?
Oui, mais uniquement dans les cas prévus par la loi. Leur fiscalité n'est pas la même selon le motif.
| Cas de déblocage | Fiscalité |
|---|---|
| Décès du conjoint ou du partenaire de PACS | Accident de la vie : part versements exonérée d'impôt et de prélèvements sociaux, gains exonérés d'impôt (prélèvements sociaux dus) |
| Invalidité du titulaire, de ses enfants ou de son conjoint | Accident de la vie |
| Affection grave, handicap ou accident d'une particulière gravité d'un enfant à charge | Accident de la vie |
| Surendettement | Accident de la vie |
| Expiration des droits à l'assurance chômage | Accident de la vie |
| Cessation d'activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire | Accident de la vie |
| Achat de la résidence principale | Imposé comme une sortie en capital classique : barème sur les versements déduits, flat tax sur les gains. Impossible pour les sommes issues de versements obligatoires |
Pour un dirigeant, le cas de la liquidation judiciaire compte : il permet de récupérer l'épargne sans impôt sur la part versements si l'activité non salariée s'arrête dans ces conditions. En dehors de ces situations, l'argent reste bloqué : ne versez sur un PER que ce dont vous n'aurez pas besoin avant la retraite, et gardez la trésorerie de précaution ailleurs.
Combiner le PER avec les autres enveloppes
Le PER n'est qu'une brique. Pour un dirigeant, l'organisation la plus fréquente associe :
- Le PER pour la part de revenus imposée dans les tranches hautes, bloquée jusqu'à la retraite.
- L'assurance-vie pour l'épargne disponible à moyen terme et la transmission, avec son abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Notre comparatif assurance-vie ou compte-titres détaille son intérêt face à un investissement en direct.
- Le PEA pour les actions européennes, exonérées d'impôt sur le revenu après 5 ans : voir notre comparatif PEA ou assurance-vie.
- Les dispositifs d'entreprise (PERO, PER collectif, PEE) pour faire financer une partie de l'épargne par la société, dans un cadre social et fiscal favorable.
Les erreurs à éviter
- Laisser filer son plafond : il est perdu chaque année pour un TNS, et au bout de 3 à 5 ans pour un assimilé salarié.
- Déduire dans une tranche à 11 % en espérant une économie qui n'existe pas à la sortie.
- Tout sortir en capital l'année du départ, cumulé à des revenus encore élevés.
- Verser après 70 ans en pensant déduire : depuis 2026, ce n'est plus possible.
- Choisir un contrat avec des frais sur versements élevés ou une gestion figée : sur 15 ou 20 ans, l'allocation et son suivi comptent autant que l'avantage fiscal.
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Questions fréquentes
Un dirigeant TNS et un président de SASU ont-ils le même plafond de déduction ?
Non. Le travailleur non salarié déduit ses versements de son bénéfice (article 154 bis du CGI), avec un plafond qui peut atteindre 88 911 € en 2026 grâce à la tranche supplémentaire de 15 %. Le président de SAS ou de SASU, assimilé salarié, déduit de son revenu global (article 163 quatervicies), avec un plafond de 10 % de ses revenus d'activité, au maximum 37 680 € en 2026, mais reportable sur 5 ans et mutualisable avec le conjoint.
Qu'est devenu le contrat Madelin ?
Il n'est plus commercialisé depuis le 1er octobre 2020 : le PER individuel l'a remplacé, avec le même plafond de déduction pour les TNS. Les contrats Madelin ouverts avant cette date continuent de fonctionner et peuvent être transférés vers un PER, ce qui ouvre notamment la possibilité de sortir en capital. Avant de transférer, vérifiez que le contrat ne comporte pas de garanties précieuses, comme une table de mortalité ou un taux de rente garantis.
La sortie du PER en capital est-elle défiscalisée ?
Non. La part correspondant aux versements déduits est réintégrée au revenu imposable l'année de la sortie et taxée au barème, sans l'abattement de 10 % des pensions. Les gains sont taxés à la flat tax de 31,4 %. Le PER diffère l'impôt : son intérêt vient de l'écart entre votre tranche d'imposition à l'entrée et celle à la sortie, et des années de capitalisation de l'économie d'impôt.
Pendant combien d'années un plafond PER non utilisé reste-t-il reportable ?
Pour le plafond de l'article 163 quatervicies, celui des salariés et des dirigeants assimilés salariés : 5 ans pour les plafonds nés à partir de 2026, 3 ans pour ceux de 2024 et 2025, utilisables respectivement jusqu'en 2027 et 2028. Le plafond disponible figure sur votre avis d'imposition. Le plafond professionnel des TNS (article 154 bis), lui, ne se reporte pas : il se calcule chaque année sur le bénéfice de l'année.
Peut-on encore déduire ses versements PER après 70 ans ?
Non. Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après votre 70e anniversaire restent possibles mais ne sont plus déductibles. Un dirigeant qui poursuit son activité au-delà de cet âge a donc intérêt à caler ses versements déductibles avant cette date.
La déduction PER réduit-elle les cotisations sociales d'un TNS ?
Non. Les versements PER réduisent le bénéfice imposable à l'impôt sur le revenu, mais ils sont réintégrés dans l'assiette des cotisations sociales. L'économie porte donc uniquement sur l'impôt sur le revenu, au niveau de votre tranche marginale d'imposition.
Mon entreprise peut-elle alimenter mon PER ?
Oui, par des dispositifs d'entreprise. Le président de SAS peut bénéficier d'un PER obligatoire (PERO) ouvert à une catégorie de salariés dont il fait partie, financé par la société. Dans les entreprises de 1 à 250 salariés, le dirigeant, y compris TNS, peut adhérer au PER collectif (PERECO) et recevoir l'abondement de l'entreprise. Ces sommes s'ajoutent à vos versements individuels, mais viennent en diminution de certains plafonds de déduction.
Peut-on débloquer son PER pour acheter sa résidence principale ?
Oui, pour les sommes issues de versements volontaires et de l'épargne salariale, pas pour celles issues de versements obligatoires. Contrairement aux accidents de la vie, ce déblocage n'est pas exonéré : il est imposé comme une sortie en capital classique, au barème sur les versements déduits et à la flat tax sur les gains.
Sources
- Code général des impôts, article 154 bis (déduction des versements PER du bénéfice des travailleurs non salariés)
- Code général des impôts, article 163 quatervicies (déduction du revenu global, report et mutualisation du plafond)
- Code général des impôts, article 158 (imposition des sorties en capital et en rente)
- Code monétaire et financier, articles L. 224-1 et suivants (fonctionnement et déblocage anticipé du PER)
- Service-Public.fr, Plan d'épargne retraite individuel : plafonds 2026, fiscalité de sortie, limite de 70 ans (vérifié le 18 juin 2026)
- Arrêté fixant le plafond annuel de la Sécurité sociale 2026 : 48 060 € (47 100 € en 2025)
- Loi de finances pour 2026 (fin de la déduction des versements après 70 ans) et loi de financement de la Sécurité sociale 2026 (prélèvements sociaux à 18,6 %)
Cet article a un caractère informatif et pédagogique ; il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation d'achat ou de vente, ni un conseil fiscal. Les simulations sont illustratives et reposent sur des hypothèses de rendement, de frais et de taux d'imposition qui ne préjugent pas des résultats futurs. L'investissement comporte un risque de perte en capital, partielle ou totale, notamment sur les supports en unités de compte. L'épargne investie sur un PER est bloquée jusqu'au départ à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi. Les taux, plafonds et abattements cités sont ceux en vigueur à la date de publication. Avant tout investissement, consultez le Document d'Informations Clés (DIC) et, le cas échéant, un conseiller habilité.