Les 10 avantages du PER, chiffrés

Le plan d'épargne retraite est d'abord connu pour un atout : il fait baisser l'impôt. Mais réduire le PER à un outil de défiscalisation, c'est passer à côté de la moitié de ses avantages : un plafond qui se reporte et se partage dans le couple, des versements de l'employeur quasiment sans impôt, une épargne qui grossit sans fiscalité pendant des décennies, une sortie libre, des cas de déblocage et une transmission avantageuse. Voici les dix atouts du PER, chacun expliqué et chiffré.
Réponse rapide : le premier avantage du PER est la défiscalisation : chaque euro versé réduit votre revenu imposable, soit 3 000 € d'impôt en moins pour 10 000 € versés à 30 %, 4 100 € à 41 %. Il s'y ajoute un plafond élevé et reportable, l'abondement de l'employeur, l'absence d'impôt pendant l'épargne, une sortie en capital ou en rente au choix et 152 500 € transmis sans droits par bénéficiaire en cas de décès avant 70 ans.
En bref
- Versements déductibles : jusqu'à 37 680 € par an pour un salarié en 2026, 88 911 € pour un indépendant.
- Plafonds non utilisés reportables sur 5 ans et mutualisables entre conjoints.
- Hors plafonnement des niches fiscales de 10 000 €.
- Abondement de l'employeur jusqu'à 7 689,60 € par an, exonéré d'impôt sur le revenu.
- Sortie en capital, en rente ou les deux ; sept cas de déblocage anticipé.
- Décès avant 70 ans : 152 500 € transmis sans droits par bénéficiaire.
Les dix avantages du PER en un tableau
| Avantage | Ce qu'il apporte | Pour qui surtout |
|---|---|---|
| Une économie d'impôt immédiate | Jusqu'à 45 % du montant versé | Foyers imposés à 30 % ou plus |
| Un plafond élevé, reportable et mutualisable | Jusqu'à 37 680 € par an pour un salarié, 88 911 € pour un indépendant, plus les reports | Ceux qui ont des années de plafond non utilisé |
| Hors plafonnement des niches fiscales | Cumulable avec les autres réductions d'impôt | Foyers qui utilisent déjà d'autres dispositifs |
| Aucun impôt pendant l'épargne | Dividendes, intérêts et arbitrages sans imposition | Tous les épargnants |
| L'effet de levier fiscal dans la durée | L'impôt économisé travaille pendant des années | Épargnants à horizon long |
| Les versements de l'employeur | Abondement jusqu'à 7 689,60 € par an, intéressement et participation exonérés d'impôt | Salariés dont l'entreprise propose un PER collectif |
| Une sortie libre à la retraite | Capital, rente ou les deux, en une ou plusieurs fois | Tous, en particulier les détenteurs d'anciens contrats |
| Sept cas de déblocage anticipé | Résidence principale et accidents de la vie | Futurs propriétaires, familles |
| Une transmission avantageuse | 152 500 € exonérés par bénéficiaire en cas de décès avant 70 ans | Épargnants qui veulent protéger leurs proches |
| Regrouper et piloter son épargne retraite | Un seul plan, une gestion pilotée qui sécurise à l'approche de la retraite | Détenteurs de plusieurs anciens contrats |
Le PER existe sous trois formes : individuel, que vous ouvrez vous-même ; collectif, proposé par l'employeur ; obligatoire, réservé à certaines catégories de salariés. Créé par la loi Pacte en 2019, il a remplacé le PERP, le Madelin, l'article 83 et le PERCO, et il est ouvert à tous, sans condition d'âge ni de revenus.
1. La défiscalisation : une économie d'impôt immédiate
Les versements volontaires sur un PER se déduisent de votre revenu imposable. L'économie est égale au montant versé multiplié par votre tranche marginale d'imposition (TMI). Pour 10 000 € versés :
| Tranche marginale | Impôt économisé | Coût réel des 10 000 € |
|---|---|---|
| 11 % | 1 100 € | 8 900 € |
| 30 % | 3 000 € | 7 000 € |
| 41 % | 4 100 € | 5 900 € |
| 45 % | 4 500 € | 5 500 € |
Imposé à 41 %, vous épargnez 10 000 € pour seulement 5 900 € : l'État finance les 4 100 € restants. Peu de placements offrent un tel « rendement » dès le premier jour, avant même que l'argent soit investi.
Attention au changement de tranche
La tranche marginale ne s'applique qu'à la partie de vos revenus qui la dépasse. Si seuls 6 000 € de votre revenu imposable sont dans la tranche à 41 %, un versement de 10 000 € fera redescendre 4 000 € dans la tranche à 30 % :
| 6 000 € déduits dans la tranche à 41 % | 2 460 € |
| 4 000 € déduits dans la tranche à 30 % | 1 200 € |
| Économie réelle pour 10 000 € versés | 3 660 € |
| Économie si tout restait à 41 % | 4 100 € |
Le versement « idéal » ramène le revenu imposable au seuil de la tranche, pas au-delà. Verser davantage reste possible et utile, mais chaque euro supplémentaire rapporte moins. Un conseiller peut calculer ce seuil à partir de votre dernier avis d'imposition.
2. Un plafond élevé, reportable et mutualisable
Un salarié peut déduire jusqu'à 10 % de ses revenus d'activité de l'année précédente, après abattement de 10 %, avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 € en 2026. Un indépendant dispose d'un plafond spécifique pouvant atteindre 88 911 € (voir le PER du dirigeant). Deux règles démultiplient ce plafond :
- Le report. Les plafonds non utilisés des années précédentes s'ajoutent à celui de l'année : sur 5 ans pour les plafonds nés à partir de 2026, sur 3 ans pour ceux de 2024 et 2025.
- La mutualisation. Un couple marié ou pacsé peut additionner ses plafonds : celui qui verse peut utiliser le plafond de son conjoint.
Exemple : Thomas, salarié, a perçu 80 000 € de revenus d'activité en 2025, soit 72 000 € après abattement. Il n'a jamais versé sur un PER. Son épouse Léa, en congé parental, n'utilise pas le sien.
| Plafond 2026 de Thomas (10 % de 72 000 €) | 7 200 € |
| Plafonds non utilisés de 2023, 2024 et 2025 | 20 400 € |
| Plafond non utilisé de Léa, mutualisé | 4 710 € |
| Versement déductible possible en 2026 | 32 310 € |
| Économie d'impôt à 41 % | 13 247 € |
Une seule année de versement peut ainsi effacer plus de 13 000 € d'impôt. Le plafond disponible, reports compris, figure sur l'avis d'imposition de chaque conjoint.
Exemple illustratif : plafonds des années précédentes supposés proches de celui de 2026, revenus de Thomas supposés imposés dans la tranche à 41 % sur l'ensemble du montant déduit.
3. Hors plafonnement des niches fiscales
La plupart des réductions et crédits d'impôt (emploi à domicile, investissement dans les PME, dispositifs immobiliers) sont limités par un plafond global de 10 000 € par foyer et par an. La déduction PER n'est pas concernée : elle diminue le revenu imposable lui-même, au lieu de réduire l'impôt calculé. Elle se cumule donc avec tous les autres dispositifs, sans entamer ce plafond. Pour un foyer qui l'atteint déjà, c'est souvent le seul levier de défiscalisation encore disponible.
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4. Aucun impôt pendant toute la phase d'épargne
Tant que l'argent reste dans le PER, rien n'est imposé : ni les dividendes, ni les intérêts du fonds euros, ni les plus-values réalisées lors des arbitrages entre supports. Vous pouvez rééquilibrer votre allocation, sécuriser des gains ou changer de fonds sans déclencher d'impôt.
Sur un compte-titres, chaque vente avec plus-value et chaque dividende supportent la flat tax de 31,4 % : une allocation rééquilibrée régulièrement perd chaque année une partie de ses gains. Même l'assurance-vie voit les intérêts de son fonds euros soumis aux prélèvements sociaux chaque année. Le PER laisse l'intégralité des gains travailler jusqu'à la retraite. Il échappe aussi à l'IFI tant que l'épargne est bloquée, même s'il contient des supports immobiliers.
5. L'effet de levier fiscal sur la durée
C'est l'avantage le moins visible et le plus puissant. L'impôt économisé chaque année est investi avec le reste du versement, et il produit des gains pendant 20 ou 30 ans. À la sortie, l'impôt payé sur les versements ne porte, lui, aucun intérêt. Tout se passe comme si l'État vous prêtait sans intérêt une partie de votre épargne retraite.
Résultat, à effort d'épargne égal sur 20 ans et avec le même rendement, un épargnant imposé à 41 % pendant sa vie active et à 30 % à la retraite dispose d'environ 24 000 € de plus avec un PER qu'avec une assurance-vie. Même à tranche identique, le PER garde un avantage de 8 000 à 13 000 € pour les foyers imposés à 30 % ou 41 %. Le détail du calcul figure dans notre article PER : avantages et inconvénients.
6. Les versements de l'employeur
Si votre entreprise propose un PER collectif, il peut recevoir plusieurs sources d'épargne quasiment exonérées d'impôt :
| Source | Plafond | Fiscalité pour le salarié |
|---|---|---|
| Abondement de l'employeur | 16 % du PASS, soit 7 689,60 € en 2026, et au plus trois fois votre versement | Exonéré d'impôt sur le revenu, CSG et CRDS de 9,7 % |
| Intéressement et participation placés sur le PER | Selon les montants versés par l'entreprise | Exonérés d'impôt sur le revenu |
| Versement unilatéral de l'employeur | Prévu par l'accord, dans la limite du plafond d'abondement | Exonéré d'impôt sur le revenu |
| Jours de repos non pris (sans compte épargne-temps) | Jusqu'à 10 jours par an | Exonérés d'impôt sur le revenu |
L'abondement est le plus intéressant : si votre employeur abonde à 100 %, chaque euro que vous versez est doublé immédiatement. C'est un rendement que nul placement ne peut égaler. Avant tout versement sur un PER individuel, vérifiez donc ce que propose votre entreprise. Ces sommes alimentent un compartiment d'épargne salariale qui ressort, en capital, exonéré d'impôt sur le revenu : seuls les gains supportent les prélèvements sociaux.
Exemple : ce que rapporte l'abondement
Sarah, salariée imposée à 30 %, dispose d'un PER collectif. Son entreprise abonde à 200 % ses versements volontaires, dans la limite de 3 000 € par an. Elle verse 1 500 €, et choisit de les déduire.
| Versement volontaire de Sarah sur le PER collectif | 1 500 € |
| Impôt économisé sur ce versement, à 30 % | - 450 € |
| Coût réel pour Sarah | 1 050 € |
| Abondement de l'employeur (200 % du versement, plafonné à 3 000 €) | 3 000 € |
| CSG et CRDS sur l'abondement (9,7 %) | - 291 € |
| Épargne réellement investie sur le PER | 4 209 € |
Pour 1 050 € réellement déboursés, Sarah place 4 209 € sur son épargne retraite, soit quatre fois sa mise, avant même le moindre rendement. Ne pas verser assez pour toucher l'abondement maximal, c'est renoncer à une partie de sa rémunération.
Exemple illustratif : les taux et plafonds d'abondement sont fixés par l'accord de chaque entreprise, dans la limite légale de 16 % du PASS et de trois fois le versement du salarié.
7. Une sortie libre : capital, rente ou les deux
À la retraite, vous choisissez librement la forme de sortie pour l'épargne issue de vos versements volontaires et de l'épargne salariale : un capital en une fois, un capital fractionné sur plusieurs années, une rente viagère, ou un mélange. C'est une rupture avec les anciens produits retraite :
| Ancien contrat | Sortie avant | Sortie une fois transféré sur un PER |
|---|---|---|
| PERP | Rente, et capital limité à 20 % | Capital, rente ou les deux |
| Contrat Madelin | Rente uniquement | Capital, rente ou les deux |
| Article 83 | Rente uniquement | Rente (compartiment obligatoire) |
| PERCO | Capital ou rente | Capital ou rente |
Le capital fractionné est souvent le plus efficace fiscalement : il permet de rester dans une tranche basse chaque année. La rente, elle, garantit un revenu à vie, quelle que soit votre longévité. Le choix ne se fait pas à l'ouverture, mais au moment du départ à la retraite. Pour l'imposition de chaque option, voir notre guide de la fiscalité du PER.
8. Sept cas de déblocage anticipé
L'épargne est bloquée jusqu'à la retraite, mais la loi prévoit sept exceptions :
- Achat de la résidence principale
- Décès du conjoint ou du partenaire de PACS
- Invalidité du titulaire, de ses enfants ou de son conjoint
- Affection grave, handicap ou accident d'une particulière gravité d'un enfant à charge (depuis juin 2026)
- Surendettement
- Fin des droits à l'assurance chômage
- Cessation d'activité non salariée après une liquidation judiciaire
L'achat de la résidence principale est l'exception la plus utilisée : un jeune actif peut épargner sur un PER en défiscalisant, puis mobiliser cette épargne pour son apport. La sortie est alors imposée comme une sortie en capital. Les accidents de la vie, eux, permettent une sortie exonérée d'impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux restant dus sur les gains. Le dernier cas, ouvert en juin 2026, concerne les parents d'un enfant à charge gravement malade, handicapé ou victime d'un accident grave.
9. Une transmission avantageuse
Le PER assurantiel, le plus répandu, suit les règles de l'assurance-vie au décès : le capital est versé aux bénéficiaires désignés, hors succession.
| Situation | Fiscalité |
|---|---|
| Décès avant 70 ans | 152 500 € exonérés par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà |
| Décès après 70 ans | Abattement global de 30 500 €, puis droits de succession selon le lien de parenté |
| Conjoint ou partenaire de PACS | Toujours exonéré |
| PER bancaire (compte-titres) | Entre dans la succession classique |
Exemple : un épargnant décède à 62 ans avec 300 000 € sur son PER, au bénéfice de ses deux enfants. Chacun reçoit 150 000 €, sous l'abattement de 152 500 € : aucun droit à payer. Et les abattements de 100 000 € par enfant restent entiers pour le reste de la succession. Pour approfondir, voir assurance-vie et héritage.
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10. Regrouper et piloter son épargne retraite
Au fil d'une carrière, beaucoup d'épargnants accumulent des contrats retraite dispersés : un article 83 chez un ancien employeur, un PERCO chez un autre, un Madelin ouvert pendant une période d'indépendance. Le PER permet de tout regrouper dans un seul plan, avec des frais de transfert plafonnés à 1 % pendant cinq ans et nuls au-delà. Avant de transférer, vérifiez que l'ancien contrat ne contient pas une garantie précieuse, comme un taux de rente garanti.
Le PER prévoit aussi, par défaut, une gestion pilotée à horizon : l'épargne est investie de façon dynamique quand la retraite est lointaine, puis sécurisée progressivement à son approche. Vous n'avez pas à y penser, même si la gestion libre reste possible (voir gestion libre, profilée ou pilotée).
Les avantages du PER face aux autres enveloppes
Chaque enveloppe a sa logique fiscale. Le PER est le seul à offrir un avantage à l'entrée et à recevoir les versements de l'employeur ; il est aussi le seul à bloquer l'épargne.
| Critère | PER | Assurance-vie | PEA | Compte-titres |
|---|---|---|---|---|
| Avantage à l'entrée | Versements déductibles du revenu | Aucun | Aucun | Aucun |
| Pendant l'épargne | Aucun impôt | Prélèvements sociaux annuels sur le fonds euros | Aucun impôt | 31,4 % sur chaque dividende et plus-value |
| À la sortie | Versements déduits au barème, gains à 31,4 % | Allégée après 8 ans, abattement de 4 600 € ou 9 200 € | Gains exonérés d'impôt après 5 ans, prélèvements sociaux dus | 31,4 % sur les gains |
| Disponibilité | Bloqué jusqu'à la retraite, sauf 7 cas | À tout moment | À tout moment, sans clôture après 5 ans | À tout moment |
| Versements de l'employeur | Oui (PER collectif) | Non | Non | Non |
| Transmission | 152 500 € par bénéficiaire avant 70 ans (PER assurantiel) | 152 500 € par bénéficiaire pour les versements avant 70 ans | Succession classique | Succession classique |
| Plafond de versement | Aucun (seule la déduction est plafonnée) | Aucun | 150 000 € | Aucun |
Ces enveloppes ne s'excluent pas. Une organisation courante pour un foyer imposé à 30 % ou plus : le PER pour réduire l'impôt et préparer la retraite, l'assurance-vie pour l'épargne de moyen et long terme et la transmission, le PEA pour investir en actions européennes avec une fiscalité allégée. Pour arbitrer entre les deux principales, voir PEA ou assurance-vie et pourquoi ouvrir une assurance-vie.
Ces avantages ont des contreparties
Le PER n'est pas gratuit pour autant. L'épargne est bloquée jusqu'à la retraite, hors cas de déblocage ; l'impôt économisé à l'entrée est en partie repris à la sortie ; et les frais varient beaucoup d'un contrat à l'autre. Un bon contrat n'a ni frais sur versement ni frais d'arbitrage, et environ 1 % de frais de gestion pour un contrat accompagné ; les supports, eux, se jugent sur leur performance nette (voir assurance-vie sans frais, le raisonnement est identique). Le bilan complet, avantages et inconvénients, figure dans notre article dédié.
Qui profite le plus des avantages du PER ?
| Profil | Intérêt | Pourquoi |
|---|---|---|
| Salarié imposé à 30 % | Réel | 1 500 € d'économie pour 5 000 € versés, impôt différé de plusieurs décennies |
| Cadre ou couple imposé à 41 % ou 45 % | Très fort | Plus de 40 % du versement remboursé, plafonds élevés et mutualisables |
| Indépendant ou dirigeant | Très fort | Plafond jusqu'à 88 911 €, versements adaptés aux bonnes années |
| Salarié avec PER d'entreprise et abondement | Très fort | L'abondement est un complément de rémunération quasi sans impôt |
| Foyer non imposable ou imposé à 11 % | Faible | Déduction nulle ou modeste ; l'assurance-vie est généralement préférable |
Six réflexes pour tirer le maximum du PER
01
Connaître son plafond exact
Il figure sur l'avis d'imposition, reports des années précédentes compris. C'est le point de départ de tout versement.
02
Verser jusqu'au seuil de tranche
Au-delà du point où le revenu imposable redescend dans la tranche inférieure, chaque euro rapporte moins. On calibre le versement en conséquence.
03
Mutualiser dans le couple
Les plafonds des deux conjoints s'additionnent : celui qui a le plus de capacité d'épargne peut utiliser le plafond de l'autre.
04
Récupérer l'abondement
Si votre entreprise propose un PER collectif abondé, versez au moins ce qu'il faut pour toucher l'abondement maximal : c'est un rendement immédiat.
05
Choisir un contrat sans frais d'entrée
0 % sur versement et sur arbitrage, environ 1 % de frais de gestion pour un contrat accompagné, des supports jugés sur leur performance nette.
06
Préparer la sortie dès maintenant
Rythme de sortie, choix capital ou rente, clause bénéficiaire : ce qui se décide tôt protège l'avantage fiscal obtenu à l'entrée.
Le mot de la fin
La défiscalisation est l'avantage le plus visible du PER, mais pas le seul : plafond reportable et mutualisable, abondement de l'employeur, capitalisation sans impôt, sortie libre, déblocages et transmission en font l'outil retraite le plus complet du marché pour les foyers bien imposés. Pour en profiter pleinement, tout se joue dans le choix du contrat, le calibrage des versements et la préparation de la sortie. Nvestir compare les PER de plus de 30 assureurs et n'émet aucun contrat en propre : l'objectif est de trouver celui qui tire le meilleur de votre situation.
Questions fréquentes
Quel est le principal avantage du PER ?
La défiscalisation immédiate : les versements volontaires se déduisent du revenu imposable, ce qui réduit l'impôt dès l'année du versement. L'économie est égale au montant versé multiplié par votre tranche marginale d'imposition : 3 000 € pour 10 000 € versés à 30 %, 4 100 € à 41 %, 4 500 € à 45 %.
Combien peut-on défiscaliser avec un PER ?
Pour un salarié, jusqu'à 10 % des revenus d'activité de l'année précédente après abattement de 10 %, soit au maximum 37 680 € de versements déductibles en 2026, et au minimum 4 710 €. Les plafonds non utilisés des années précédentes et celui du conjoint s'y ajoutent. Un indépendant peut déduire jusqu'à 88 911 €. L'économie dépend ensuite de la tranche : à 41 %, 37 680 € déduits réduisent l'impôt d'environ 15 450 €.
Le PER est-il intéressant pour tout le monde ?
Non. Il est très intéressant pour les foyers imposés à 30 % ou plus, les indépendants et les salariés qui reçoivent un abondement de leur employeur. Pour un foyer non imposable ou imposé à 11 %, la déduction rapporte peu et l'épargne est bloquée jusqu'à la retraite : l'assurance-vie est souvent plus adaptée.
L'avantage fiscal du PER est-il définitif ?
Non, il est différé : la part des versements déduits sera imposée à la sortie, au barème de l'impôt sur le revenu. L'avantage est d'autant plus fort que votre tranche baisse à la retraite et que l'impôt économisé a eu le temps de travailler. Le détail des règles de sortie figure dans notre guide de la fiscalité du PER.
Le PER entre-t-il dans le plafonnement des niches fiscales ?
Non. La déduction des versements PER n'est pas une réduction d'impôt mais une déduction du revenu imposable : elle échappe au plafonnement global de 10 000 € par foyer. Elle se cumule donc avec les autres dispositifs, comme les dons, l'emploi à domicile ou les investissements dans les PME.
Qu'est-ce que l'abondement sur un PER ?
C'est un versement de l'employeur qui complète les versements du salarié sur un PER collectif. Il est plafonné à 16 % du PASS, soit 7 689,60 € en 2026, et ne peut dépasser trois fois le versement du salarié. Il est exonéré d'impôt sur le revenu, seules la CSG et la CRDS (9,7 %) s'appliquent. C'est l'un des placements les plus rentables qui soient : un rendement immédiat avant même tout placement.
Peut-on récupérer son argent avant la retraite ?
Oui, dans sept cas : achat de la résidence principale, décès du conjoint ou du partenaire de PACS, invalidité du titulaire, de ses enfants ou de son conjoint, affection grave ou handicap d'un enfant à charge, surendettement, fin des droits au chômage et liquidation judiciaire. Hors résidence principale, ces déblocages sont exonérés d'impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux sur les gains restant dus.
Que devient le PER en cas de décès ?
Sur un PER assurantiel, le capital est versé aux bénéficiaires désignés, hors succession. Si le décès survient avant 70 ans, chaque bénéficiaire reçoit jusqu'à 152 500 € sans droits. Après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s'applique, puis les droits de succession. Le conjoint et le partenaire de PACS sont toujours exonérés. Un PER bancaire entre dans la succession classique.
Quelle différence entre PER individuel, collectif et obligatoire ?
Le PER individuel est ouvert librement par l'épargnant, qui l'alimente à son rythme. Le PER collectif est proposé par l'employeur à tous les salariés, qui y adhèrent s'ils le souhaitent, et reçoit intéressement, participation et abondement. Le PER obligatoire est mis en place par l'employeur pour une catégorie de salariés, avec des cotisations obligatoires. Les trois peuvent être réunis dans un même plan.
Peut-on ouvrir un PER sans revenus ?
Oui. Le PER est ouvert à tous, sans condition d'âge ni d'activité. Une personne sans revenus professionnels dispose d'un plafond de déduction de 10 % du PASS de l'année précédente, soit 4 710 € en 2026. Mais si elle n'est pas imposable, la déduction ne lui rapporte rien : il vaut alors mieux opter pour la non-déduction des versements.
Le PER est-il un bon placement ?
C'est un excellent outil fiscal, mais sa performance dépend des supports choisis. Un PER bien construit combine fonds euros, ETF, fonds actifs reconnus et immobilier, avec une allocation adaptée à votre horizon. Les frais comptent, mais c'est la performance nette des supports qui fait la différence dans la durée : un fonds plus cher qui fait mieux que son indice reste un meilleur choix qu'un fonds bon marché qui fait moins bien.
Le PER est-il plus avantageux que l'assurance-vie ?
Pour un foyer imposé à 30 % ou plus qui prépare sa retraite, oui : la déduction à l'entrée et l'effet de levier fiscal donnent au PER un net avantage à effort d'épargne égal. Mais l'assurance-vie reste disponible à tout moment, quand le PER bloque l'épargne. Les deux se complètent : le PER pour la retraite et l'impôt, l'assurance-vie pour les projets et la transmission.
Quels sont les avantages du PER pour un indépendant ?
Un plafond de déduction nettement plus élevé, jusqu'à 88 911 € en 2026, grâce à la majoration de 15 % sur la part du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. Les versements sont libres, ce qui permet de verser davantage les bonnes années. Le PER remplace l'ancien contrat Madelin, avec en plus la possibilité de sortir en capital.
Sources
- Code général des impôts, article 163 quatervicies (déduction des versements, report et mutualisation des plafonds) et article 154 bis (indépendants)
- Code général des impôts, article 200-0 A (plafonnement global des avantages fiscaux)
- Code général des impôts, articles 990 I et 757 B (transmission au décès)
- Code monétaire et financier, articles L. 224-1 et suivants (PER, compartiments, cas de déblocage anticipé, transferts)
- Code du travail, articles L. 3332-11 et L. 3334-6 (abondement de l'employeur)
- Loi n° 2026-492 du 12 juin 2026 (déblocage anticipé en cas d'affection grave, de handicap ou d'accident d'une particulière gravité d'un enfant à charge)
- Service-Public.fr, Plan d'épargne retraite : fonctionnement, plafonds de déduction et fiscalité
- Loi de finances pour 2026 (report des plafonds sur 5 ans, fin de la déduction après 70 ans) ; PASS 2026 : 48 060 €
Cet article a un caractère informatif et pédagogique ; il ne constitue ni un conseil fiscal ou en investissement personnalisé, ni une recommandation. Les exemples sont illustratifs et simplifiés ; les règles fiscales peuvent évoluer. L'investissement en unités de compte comporte un risque de perte en capital, partielle ou totale ; la garantie du fonds euros dépend de la solidité financière de l'assureur. Avant tout investissement, consultez le Document d'Informations Clés (DIC) du contrat et, le cas échéant, un conseiller habilité.