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Fiscalité du PER : le guide complet

Fiscalité du PER : le guide complet
20 min de lecture5 novembre 2026

Le PER est souvent présenté comme un produit de défiscalisation. C'est vrai à l'entrée, mais ce n'est que la moitié de l'histoire : l'impôt économisé sur les versements se retrouve en grande partie à la sortie, sous une forme qui dépend de vos choix. Déduire ou non, sortir en capital ou en rente, en une fois ou en plusieurs, avant ou après 70 ans : chaque décision change la facture. Ce guide détaille la fiscalité du PER à chaque étape, avec des exemples calculés et les leviers pour payer moins.

Réponse rapide : les versements volontaires se déduisent du revenu imposable, dans la limite d'un plafond. Pendant l'épargne, aucun impôt. À la sortie en capital, la part des versements déduits est imposée au barème et les gains à 31,4 % ; en rente, le régime est celui des pensions. Les accidents de la vie permettent une sortie exonérée d'impôt, et au décès avant 70 ans, chaque bénéficiaire reçoit jusqu'à 152 500 € sans droits.

En bref

  • Plafond 2026 d'un salarié : de 4 710 € à 37 680 € ; d'un indépendant : jusqu'à 88 911 €.
  • Plafonds non utilisés reportables sur 5 ans depuis 2026 ; plus de déduction pour les versements après 70 ans.
  • Sortie en capital : versements déduits au barème, gains à 31,4 % (12,8 % + 18,6 %).
  • Sortie en rente : imposée comme une pension, après l'abattement de 10 %.
  • Accidents de la vie : pas d'impôt sur le revenu, seulement 18,6 % de prélèvements sociaux sur les gains.
  • Décès avant 70 ans : 152 500 € exonérés par bénéficiaire ; après 70 ans : 30 500 € pour tous.

La fiscalité du PER en un tableau

ÉtapeCe qui s'applique
Versements volontairesDéductibles du revenu imposable, dans la limite d'un plafond annuel ; option possible pour la non-déduction
Pendant l'épargneAucun impôt sur les gains, les dividendes ni les arbitrages ; pas d'IFI tant que l'épargne est indisponible
Sortie en capitalVersements déduits au barème de l'impôt sur le revenu ; gains à la flat tax de 31,4 %
Sortie en renteImposée comme une pension (versements déduits) ou comme une rente viagère à titre onéreux (versements non déduits)
Achat de la résidence principaleMême fiscalité qu'une sortie en capital
Accident de la vieExonération d'impôt sur le revenu ; prélèvements sociaux de 18,6 % sur les gains
Décès avant 70 ansPER assurantiel : 152 500 € exonérés par bénéficiaire, puis 20 % et 31,25 %
Décès après 70 ansPER assurantiel : abattement global de 30 500 €, puis droits de succession

Ces règles concernent le PER individuel et les versements volontaires, les plus courants. Les sommes issues de l'épargne salariale ou de versements obligatoires d'entreprise ont leur propre fiscalité, détaillée plus bas.

Le PER en bref : trois formes, trois compartiments

Créé par la loi Pacte en 2019, le PER a remplacé le PERP, le contrat Madelin, l'article 83 et le PERCO. Il existe en trois versions : le PER individuel, ouvert par l'épargnant lui-même ; le PER collectif, mis en place par l'employeur pour recevoir intéressement, participation et abondement ; le PER obligatoire, réservé à certaines catégories de salariés. Il est accessible à tous, salariés, indépendants ou sans activité, sans condition d'âge.

Quelle que soit sa forme, un PER peut contenir trois compartiments, selon l'origine de l'argent : versements volontaires, épargne salariale et versements obligatoires. C'est ce compartiment, et non la forme du plan, qui détermine la fiscalité à la sortie. Pour le bilan général du produit, voir PER : avantages et inconvénients.

À l'entrée : la déduction des versements

Les versements volontaires sur un PER individuel se déduisent de votre revenu global imposable (ou de votre bénéfice professionnel si vous êtes indépendant). L'économie d'impôt dépend directement de votre tranche marginale d'imposition (TMI), c'est-à-dire le taux qui s'applique à la dernière tranche de vos revenus :

Tranche marginaleVersementImpôt économiséCoût réel
0 %5 000 €0 €5 000 €
11 %5 000 €550 €4 450 €
30 %5 000 €1 500 €3 500 €
41 %5 000 €2 050 €2 950 €
45 %5 000 €2 250 €2 750 €

Attention à un effet souvent mal compris : un versement important peut faire passer une partie de vos revenus dans la tranche inférieure. Au-delà de ce point, chaque euro versé n'économise plus que le taux de la tranche inférieure. Pour optimiser, on calcule le versement qui ramène le revenu imposable au seuil de la tranche, pas au-delà. La déduction PER échappe par ailleurs au plafonnement global des niches fiscales de 10 000 € (voir les avantages du PER).

Les plafonds de déduction 2026

StatutCalculMinimumMaximum
Salarié, fonctionnaire, assimilé salarié10 % des revenus d'activité de l'année précédente, après abattement de 10 %, retenus dans la limite de 8 PASS4 710 €37 680 €
Travailleur non salarié (indépendant, gérant majoritaire)10 % du bénéfice dans la limite de 8 PASS, plus 15 % de la part comprise entre 1 et 8 PASS4 806 €88 911 €
Sans activité professionnelle10 % du PASS de l'année précédente4 710 €4 710 €

Plusieurs règles viennent ajuster ce plafond :

  • Le report des plafonds non utilisés. Ce que vous n'avez pas utilisé les années précédentes s'ajoute au plafond de l'année : sur 5 ans pour les plafonds nés à partir de 2026, sur 3 ans pour ceux de 2024 et 2025. Le plus ancien est utilisé en premier.
  • La mutualisation dans le couple. Les époux et partenaires de PACS imposés ensemble peuvent additionner leurs plafonds, ce qui permet à l'un de verser au-delà du sien.
  • Les versements de l'employeur. L'abondement sur un PER collectif et les cotisations d'un PER obligatoire viennent en diminution du plafond des versements volontaires.
  • La limite d'âge. Depuis 2026, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles.

Le plafond disponible, reports compris, figure sur votre dernier avis d'imposition. Les indépendants disposent d'un régime plus généreux, détaillé dans notre guide du PER du dirigeant.

Déclaration et prélèvement à la source

Les versements de l'année se reportent sur la déclaration de revenus du printemps suivant, en cases 6NS, 6NT ou 6NU selon le déclarant ; la case 6QR permet de mutualiser les plafonds du couple. L'organisme envoie une attestation avec le montant à reporter. Le prélèvement à la source ne tient pas compte des versements PER : l'économie arrive sous forme de remboursement, en général à la fin de l'été de l'année suivante. Pour en profiter plus tôt, vous pouvez moduler votre taux de prélèvement sur impots.gouv.fr, avec prudence.

Déduire ou ne pas déduire ?

Chaque versement volontaire peut, sur option, ne pas être déduit. Le choix se fait au moment du versement et il est irrévocable pour ce versement. Il change tout à la sortie : un versement non déduit ressort exonéré d'impôt, seuls ses gains étant taxés. Exemple : 70 000 € versés, devenus 100 000 € à la retraite, sortis en capital.

Tranche aujourd'hui et à la retraiteVersements déduitsVersements non déduitsÉcart
41 % aujourd'hui, 30 % à la retraite98 280 €90 580 €+ 7 700 € en déduisant
30 % aujourd'hui, 30 % à la retraite90 580 €90 580 €Égalité (hors placement de l'économie)
11 % aujourd'hui, 11 % à la retraite90 580 €90 580 €Égalité, mais l'économie est faible
11 % aujourd'hui, 30 % à la retraite77 280 €90 580 €- 13 300 € en déduisant

La règle est simple : déduire est gagnant si votre tranche baisse à la retraite, neutre si elle reste stable (et même gagnant si l'impôt économisé est placé), perdant si elle monte. Pour un foyer non imposable, la non-déduction s'impose : la déduction ne lui rapporterait rien. Pour les autres, déduire reste le choix par défaut.

Montants nets après impôts et prélèvements, auxquels s'ajoute l'impôt économisé à l'entrée (non replacé). Part versements imposée dans la tranche de sortie indiquée, gains de 30 000 € à 31,4 %. Calcul simplifié et illustratif.

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Pendant l'épargne : aucun impôt, pas d'IFI

Tant que l'argent reste dans le PER, rien n'est imposé : ni les dividendes, ni les intérêts du fonds euros, ni les plus-values réalisées lors des arbitrages entre supports. C'est un avantage réel sur un compte-titres, où chaque vente avec gain déclenche l'impôt, et même sur l'assurance-vie, où les intérêts du fonds euros supportent les prélèvements sociaux chaque année.

Côté impôt sur la fortune immobilière, l'épargne d'un PER n'entre pas dans le patrimoine taxable tant qu'elle est indisponible, c'est-à-dire avant la retraite et hors cas de déblocage, même si le plan contient des SCPI ou d'autres supports immobiliers. Elle y entre lorsqu'elle devient disponible, pour la quote-part immobilière des supports.

La sortie en capital : comment elle est imposée

À la retraite, le capital peut être retiré en une fois ou en plusieurs. Chaque retrait est décomposé entre une part de versements et une part de gains, au prorata de l'épargne totale, et chacune suit sa propre règle :

Part du retraitImpôt sur le revenuPrélèvements sociaux
Versements volontaires déduitsBarème progressif, sans abattement de 10 %Aucun
Versements volontaires non déduitsExonérésAucun
Gains, quel que soit le choix à l'entrée12,8 % (ou barème sur option globale)18,6 %

Exemple chiffré

Un épargnant récupère 100 000 € en capital : 70 000 € de versements déduits et 30 000 € de gains. À la retraite, il est imposé dans la tranche à 30 %.

Part versements déduits : 70 000 € au barème, tranche à 30 %21 000 €
Part gains : 30 000 € à la flat tax de 31,4 %9 420 €
Total des impôts et prélèvements30 420 €
Capital net perçu69 580 €

Ce calcul suppose que toute la part versements reste dans la tranche à 30 %. Sortie en une seule fois, elle pourrait en partie basculer dans la tranche à 41 % : d'où l'intérêt de fractionner (voir les leviers plus bas). À titre de comparaison, l'épargnant avait économisé 21 000 € d'impôt à l'entrée s'il était imposé à 30 %, et 28 700 € s'il était imposé à 41 %.

L'acompte de 12,8 % et la dispense

Au moment du retrait, l'organisme prélève directement les prélèvements sociaux de 18,6 % sur la part des gains, ainsi qu'un acompte d'impôt de 12,8 %. Cet acompte n'est pas un impôt supplémentaire : il est déduit de l'impôt calculé lors de la déclaration, et remboursé s'il dépasse l'impôt réellement dû.

Les foyers modestes peuvent en être dispensés si leur revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 25 000 € pour une personne seule ou 50 000 € pour un couple. Il faut adresser une attestation sur l'honneur à l'organisme avant le 30 novembre de l'année qui précède le retrait.

Enfin, l'option pour le barème progressif est possible à la place des 12,8 % : elle est intéressante pour les foyers non imposables ou imposés à 11 %, mais elle est globale et s'applique à tous les revenus du capital de l'année.

La sortie en rente : comment elle est imposée

La rente viagère, versée à vie, est imposée chaque année. Son régime dépend de l'origine des versements :

  • Versements déduits : la rente est imposée comme une pension de retraite, au barème, après l'abattement de 10 % (plafonné par foyer).
  • Versements non déduits : la rente suit le régime des rentes viagères à titre onéreux. Seule une fraction est imposable, d'autant plus faible que vous êtes âgé au premier versement.
Âge au premier versement de la renteFraction imposable
Moins de 50 ans70 %
De 50 à 59 ans50 %
De 60 à 69 ans40 %
70 ans et plus30 %

Dans les deux cas, les prélèvements sociaux de 18,6 % s'appliquent sur la fraction de la rente fixée selon ce même barème d'âge.

Exemple chiffré

Le même capital de 100 000 € est converti en une rente de 4 000 € bruts par an, dont le premier versement intervient à 65 ans. Le retraité est imposé dans la tranche à 30 %.

Par anVersements déduitsVersements non déduits
Rente brute annuelle4 000 €4 000 €
Base imposable à l'impôt sur le revenu3 600 € (après 10 %)1 600 € (40 %)
Impôt sur le revenu à 30 %1 080 €480 €
Prélèvements sociaux : 18,6 % sur 1 600 €298 €298 €
Rente nette annuelle2 622 €3 222 €

La rente issue de versements non déduits est nettement moins imposée, ce qui est logique : ces versements n'ont procuré aucun avantage à l'entrée. Le montant de 4 000 € est un ordre de grandeur : le taux de conversion dépend de l'assureur, de sa table de mortalité, de votre âge et des options choisies (réversion au conjoint, annuités garanties).

Capital ou rente : que choisir, fiscalement ?

  • Le capital donne la main : vous choisissez le rythme des retraits, donc la tranche dans laquelle ils tombent. Le capital non retiré continue de travailler, et il reste transmissible.
  • La rente protège contre le risque de vivre longtemps : elle est versée à vie, quoi qu'il arrive. En contrepartie, elle est imposée chaque année, et le capital n'est plus transmissible, sauf option de réversion ou d'annuités garanties.
  • Le panachage est souvent le meilleur compromis : une partie en capital, fractionnée sur quelques années, et une partie en rente pour couvrir les dépenses courantes à vie.

Le choix n'a pas à être fait à l'ouverture : il se décide au moment du départ à la retraite. Seules les sommes issues de versements obligatoires doivent sortir en rente.

Épargne salariale et versements obligatoires : des règles à part

Si votre PER a reçu de l'intéressement, de la participation, de l'abondement ou des cotisations obligatoires d'entreprise, ou si vous y avez transféré un PERCO ou un article 83, chaque compartiment garde sa fiscalité :

Origine des sommesSortie en capitalSortie en rente
Versements volontairesPossible : versements déduits au barème, gains à 31,4 %Pension (si déduits) ou rente viagère à titre onéreux (si non déduits)
Épargne salariale (intéressement, participation, abondement)Possible : versements exonérés d'impôt, gains soumis aux seuls prélèvements sociauxRente viagère à titre onéreux
Versements obligatoires (PER obligatoire, ex-article 83)Impossible, sauf petite rentePension, après abattement de 10 %

L'épargne salariale est la plus avantageuse à la sortie en capital : elle n'a pas été imposée à l'entrée et ressort exonérée d'impôt, seuls ses gains supportant les prélèvements sociaux.

La fiscalité du déblocage anticipé

L'épargne d'un PER peut sortir avant la retraite dans sept cas. Leur fiscalité n'est pas la même : l'achat de la résidence principale est traité comme une sortie en capital ordinaire, alors que les accidents de la vie bénéficient d'une exonération d'impôt sur le revenu.

MotifPart versementsPart gains
Achat de la résidence principaleBarème de l'impôt sur le revenu (si déduits)Flat tax de 31,4 %
Décès du conjoint ou du partenaire de PACSExonérésExonérés d'impôt, prélèvements sociaux de 18,6 %
Invalidité du titulaire, de ses enfants ou de son conjointExonérésExonérés d'impôt, prélèvements sociaux de 18,6 %
Affection grave, handicap ou accident d'une particulière gravité d'un enfant à charge (depuis juin 2026)ExonérésExonérés d'impôt, prélèvements sociaux de 18,6 %
SurendettementExonérésExonérés d'impôt, prélèvements sociaux de 18,6 %
Fin des droits à l'assurance chômageExonérésExonérés d'impôt, prélèvements sociaux de 18,6 %
Cessation d'activité non salariée après liquidation judiciaireExonérésExonérés d'impôt, prélèvements sociaux de 18,6 %

Exemple : un épargnant reconnu invalide débloque 50 000 €, dont 40 000 € de versements déduits et 10 000 € de gains. Il ne paie aucun impôt sur le revenu, seulement 1 860 € de prélèvements sociaux sur les gains. Pour une sortie classique à la tranche de 30 %, la facture aurait été de 15 140 €. À noter : contrairement à ce qu'on lit parfois, l'exonération n'est pas totale, les prélèvements sociaux restent dus sur les gains. L'achat de la résidence principale, lui, ne concerne pas les sommes issues de versements obligatoires.

La fiscalité du PER au décès

Au décès du titulaire, le plan est clôturé. Ce qui se passe ensuite dépend de la forme du PER :

  • PER assurantiel (contrat d'assurance de groupe) : le capital est versé aux bénéficiaires désignés dans la clause, hors succession, selon les règles de l'assurance-vie. Si le décès survient avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 €, puis d'un prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 € et de 31,25 % au-delà. Après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s'applique pour l'ensemble des bénéficiaires, puis les droits de succession selon le lien de parenté.
  • PER bancaire (compte-titres) : l'épargne entre dans la succession et supporte les droits de succession classiques, après les abattements habituels (100 000 € par enfant).

Quelques ordres de grandeur pour un PER assurantiel :

SituationDécès avant 70 ansDécès après 70 ans
300 000 €, deux enfants bénéficiaires, décès à 65 ans0 €10 289 €
400 000 €, un enfant bénéficiaire, décès à 65 ans49 500 €—
400 000 €, un enfant bénéficiaire, décès à 75 ans—52 094 €
Quel que soit le montant, conjoint ou partenaire de PACS0 €0 €

Avec deux enfants, 300 000 € transmis avant 70 ans ne coûtent rien ; après 70 ans, plus de 10 000 €. Le conjoint et le partenaire de PACS sont, eux, toujours exonérés. Pour aller plus loin sur ces règles, communes avec l'assurance-vie, voir assurance-vie et héritage et assurance-vie après 70 ans.

Calculs simplifiés : après 70 ans, abattement de 30 500 € puis droits de succession en ligne directe, en supposant l'abattement de 100 000 € par enfant disponible et sans autre actif dans la succession.

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Cas pratique : la fiscalité d'un PER, de l'ouverture à la sortie

Julie ouvre un PER à 40 ans. Elle est imposée dans la tranche à 41 % et verse 6 000 € par an jusqu'à 63 ans. À la retraite, ses revenus baissent et elle passe dans la tranche à 30 %. Elle sort son capital en plusieurs fois pour y rester.

Versements de 40 à 63 ans : 6 000 € par an pendant 24 ans144 000 €
Impôt économisé à 41 % : 2 460 € par an59 040 €
Effort réel d'épargne (versements moins impôt économisé)84 960 €
Capital à 64 ans, à 4 % par an net de frais243 875 €
Impôt sur la part versements, sortie étalée dans la tranche à 30 %- 43 200 €
Flat tax de 31,4 % sur les 99 875 € de gains- 31 361 €
Capital net d'impôts169 315 €

Pour un effort réel de 84 960 €, Julie dispose à la retraite de 169 315 € nets d'impôts, soit le double. L'impôt payé à la sortie (74 561 €) dépasse même l'impôt économisé à l'entrée (59 040 €), et pourtant l'opération est très rentable : pendant 24 ans, l'argent de l'État a travaillé pour elle, et la part versements a été imposée à 30 % au lieu de 41 %. C'est tout le mécanisme fiscal du PER : économiser à taux élevé, laisser fructifier, ressortir à taux plus bas.

Si Julie avait tout sorti la même année, une grande partie des 144 000 € de versements serait tombée dans les tranches à 41 % et 45 %, pour plusieurs milliers d'euros d'impôt en plus. Si elle était décédée avant 70 ans, ses deux enfants auraient reçu le capital sans droits de succession, dans la limite de 152 500 € chacun.

Hypothèses : versements en début d'année, rendement de 4 % par an net de tous frais (hypothèse illustrative, non garantie), part versements entièrement imposée dans la tranche à 30 % grâce à l'étalement de la sortie, règles fiscales de 2026 supposées inchangées.

Six leviers pour payer moins d'impôt

01

Fractionner la sortie en capital

Retirer le capital en plusieurs années évite de grimper de tranche : la part versements est ajoutée aux revenus de chaque année, pas d'une seule. Sur 150 000 € de versements, l'écart peut dépasser 12 000 €.

02

Sortir quand les revenus baissent

L'année du départ à la retraite cumule souvent salaires et premières pensions. Attendre l'année suivante, où seuls les revenus de retraite sont imposés, permet souvent de rester dans une tranche plus basse.

03

Panacher capital et rente

Une partie en capital pour les projets et la trésorerie, une partie en rente pour sécuriser un revenu à vie : on répartit ainsi la charge fiscale dans le temps.

04

Verser les années de forte imposition

Prime, revenus exceptionnels, année de cession : c'est le moment de déduire au maximum, en mobilisant les plafonds non utilisés des cinq années précédentes et celui du conjoint.

05

Choisir la non-déduction quand elle s'impose

Un foyer non imposable ou imposé à 11 %, dont la tranche pourrait monter, a souvent intérêt à ne pas déduire : il évite ainsi l'impôt sur le capital à la sortie.

06

Désigner les bénéficiaires et verser tôt

Sur un PER assurantiel, une clause bénéficiaire rédigée avec soin et un décès avant 70 ans ouvrent l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Un PER bancaire, lui, tombe dans la succession.

Les erreurs fiscales les plus fréquentes

  • Croire que l'économie d'impôt est définitive : elle est différée, la part déduite sera imposée à la sortie.
  • Déduire alors qu'on est non imposable : la déduction ne rapporte rien et le capital sera imposé à la sortie.
  • Tout sortir l'année du départ à la retraite, en cumulant salaire, pension et capital.
  • Oublier de demander la dispense d'acompte de 12,8 % quand ses revenus le permettent.
  • Penser que tous les déblocages anticipés sont exonérés : l'achat de la résidence principale est imposé comme une sortie en capital.
  • Ignorer les plafonds non utilisés des années précédentes, qui figurent pourtant sur l'avis d'imposition.
  • Continuer à verser après 70 ans en comptant sur la déduction : depuis 2026, ces versements ne sont plus déductibles.

PER et assurance-vie : deux fiscalités complémentaires

Le PER et l'assurance-vie ne sont pas imposés au même moment. Le PER fait gagner de l'impôt à l'entrée et le reprend en partie à la sortie ; l'assurance-vie n'offre rien à l'entrée, mais ses retraits sont allégés après 8 ans, avec un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les gains. Combiner les deux permet de réduire l'impôt pendant la vie active, puis de piocher à la retraite dans l'enveloppe la moins taxée selon les années. Voir abattement assurance-vie et pourquoi ouvrir une assurance-vie.

Le mot de la fin

La fiscalité du PER se résume à une idée : il décale l'impôt de la vie active vers la retraite. Bien utilisé, ce décalage est très rentable, surtout quand la tranche baisse et que la sortie est étalée ; mal utilisé, il peut coûter plus qu'il ne rapporte. Le montant à verser, le choix de déduire ou non, le rythme de la sortie et la clause bénéficiaire se décident au cas par cas. Nvestir compare les PER de plus de 30 assureurs et n'émet aucun contrat en propre : l'objectif est de construire la stratégie qui correspond à votre situation fiscale.

Questions fréquentes

Comment fonctionne la déduction fiscale du PER ?

Les versements volontaires sur un PER individuel se déduisent de votre revenu imposable, dans la limite de votre plafond. L'économie d'impôt est égale au montant versé multiplié par votre tranche marginale d'imposition : 1 500 € pour un versement de 5 000 € à 30 %, 2 050 € à 41 %. Elle est différée, pas définitive : la part déduite sera imposée à la sortie.

Quel est le plafond de déduction du PER en 2026 ?

Pour un salarié, 10 % des revenus d'activité 2025 après abattement de 10 %, retenus dans la limite de 8 PASS : au minimum 4 710 € et au maximum 37 680 €. Pour un indépendant, jusqu'à 88 911 € grâce à la majoration de 15 % sur la part du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. Les plafonds non utilisés se reportent et un couple peut mutualiser les siens. Le montant disponible figure sur l'avis d'imposition.

Peut-on déduire la totalité de ses versements sur un PER ?

Non, seulement dans la limite du plafond. La partie qui dépasse n'est pas déductible, mais elle n'est pas perdue : elle est traitée comme un versement non déduit, et sera exonérée d'impôt à la sortie (seuls ses gains seront imposés). Depuis 2026, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles du tout.

Comment est imposée la sortie en capital d'un PER ?

La part qui correspond aux versements déduits est ajoutée à vos revenus de l'année et imposée au barème progressif, sans abattement de 10 % et sans prélèvements sociaux. La part qui correspond aux gains est soumise à la flat tax de 31,4 % (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), ou au barème sur option. Pour des versements non déduits, seuls les gains sont imposés.

Comment est imposée la sortie en rente d'un PER ?

La rente issue de versements déduits est imposée comme une pension de retraite, après l'abattement de 10 %. Celle issue de versements non déduits suit le régime des rentes viagères à titre onéreux : seule une fraction est imposable, de 30 % à 70 % selon l'âge au premier versement (40 % entre 60 et 69 ans). Dans les deux cas, les prélèvements sociaux de 18,6 % s'appliquent sur cette fraction.

Vaut-il mieux sortir en capital ou en rente ?

Fiscalement, le capital fractionné est souvent plus avantageux, car il permet de choisir le rythme et de rester dans une tranche basse. La rente garantit un revenu à vie, quelle que soit votre longévité, mais elle est imposée chaque année et le capital n'est plus transmissible, sauf option de réversion ou d'annuités garanties. Beaucoup d'épargnants combinent les deux.

Quelle est la fiscalité d'un déblocage anticipé du PER ?

Elle dépend du motif. Pour l'achat de la résidence principale, c'est la fiscalité d'une sortie en capital : versements déduits au barème, gains à 31,4 %. Pour les accidents de la vie (décès du conjoint, invalidité, maladie grave ou handicap d'un enfant à charge, surendettement, fin des droits au chômage, liquidation judiciaire), le capital est exonéré d'impôt sur le revenu, mais les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus sur les gains.

Qu'est-ce que l'acompte de 12,8 % sur les gains, et peut-on en être dispensé ?

Lors d'une sortie en capital, l'organisme prélève un acompte d'impôt de 12,8 % sur la part des gains, imputé ensuite sur l'impôt calculé lors de la déclaration. Si votre revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 25 000 € (personne seule) ou 50 000 € (couple), vous pouvez demander à en être dispensé, en adressant une attestation sur l'honneur à l'organisme avant le 30 novembre de l'année précédente. Les prélèvements sociaux restent prélevés.

Quelle est la fiscalité du PER en cas de décès ?

Pour un PER assurantiel, si le titulaire décède avant 70 ans, chaque bénéficiaire reçoit jusqu'à 152 500 € sans droits, puis est taxé à 20 % jusqu'à 700 000 € supplémentaires et à 31,25 % au-delà. Après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s'applique, puis les droits de succession selon le lien de parenté. Le conjoint et le partenaire de PACS sont toujours exonérés. Un PER bancaire entre dans la succession classique.

Le PER est-il soumis à l'IFI ?

Tant que l'épargne est indisponible, c'est-à-dire avant la retraite et hors cas de déblocage, la valeur du PER n'entre pas dans le patrimoine taxable à l'IFI, même s'il contient des supports immobiliers comme des SCPI. Elle le devient quand l'épargne devient disponible, à la retraite ou lors d'un déblocage, pour la quote-part immobilière des supports.

Faut-il déduire ses versements PER si l'on est peu imposé ?

Rarement. À 0 % ou 11 %, l'économie d'impôt est nulle ou faible, et la part déduite sera imposée à la sortie, peut-être dans une tranche plus élevée. Mieux vaut alors opter pour la non-déduction, au moment du versement : le capital ressortira exonéré, seuls les gains étant imposés. Cette option est irrévocable pour le versement concerné.

Comment déclarer ses versements PER ?

Les versements volontaires déductibles se reportent sur la déclaration de revenus, dans les cases 6NS, 6NT ou 6NU selon le déclarant. L'organisme envoie chaque année une attestation indiquant le montant à reporter. Un couple qui souhaite mutualiser ses plafonds coche la case 6QR. Pour les indépendants, les versements se déduisent du bénéfice professionnel.

Quand récupère-t-on l'impôt économisé grâce au PER ?

L'année qui suit le versement. Le prélèvement à la source ne tient pas compte des versements PER : un versement effectué en 2026 est déclaré au printemps 2027, et l'économie d'impôt arrive en général sous forme de remboursement à la fin de l'été 2027. Il est possible de moduler son taux de prélèvement en cours d'année pour en profiter plus tôt.

Sources

  • Code général des impôts, article 163 quatervicies (déduction des versements, plafonds, report et mutualisation) et article 154 bis (indépendants)
  • Code général des impôts, article 158 (imposition des sorties en capital et en rente) et article 125 A (acompte de 12,8 % et dispense)
  • Code général des impôts, articles 990 I et 757 B (transmission au décès des contrats d'assurance)
  • Code monétaire et financier, articles L. 224-1 et suivants (plan d'épargne retraite, compartiments, cas de déblocage anticipé)
  • Loi n° 2026-492 du 12 juin 2026 (déblocage anticipé en cas d'affection grave, de handicap ou d'accident d'une particulière gravité d'un enfant à charge)
  • Service-Public.fr, Plan d'épargne retraite individuel : plafonds de déduction, fiscalité de la sortie, nouvelles règles 2026
  • impots.gouv.fr, dispense du prélèvement forfaitaire non libératoire
  • Loi de finances pour 2026 (report des plafonds sur 5 ans, fin de la déduction après 70 ans) et loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (prélèvements sociaux à 18,6 %)
  • Arrêté fixant le plafond annuel de la Sécurité sociale : 47 100 € en 2025, 48 060 € en 2026

Cet article a un caractère informatif et pédagogique ; il ne constitue ni un conseil fiscal ou en investissement personnalisé, ni une recommandation. Les exemples sont illustratifs et simplifiés ; les règles fiscales peuvent évoluer. L'investissement en unités de compte comporte un risque de perte en capital, partielle ou totale ; la garantie du fonds euros dépend de la solidité financière de l'assureur. Avant tout investissement, consultez le Document d'Informations Clés (DIC) du contrat et, le cas échéant, un conseiller habilité.

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Rédigé par

Pierrot Basso

Éditeur de contenus Finance

Pierrot Basso rédige des contenus pour Nvestir afin de démocratiser l'investissement et les finances personnelles.