Assurance-vie ou compte-titres : que choisir ?

L'assurance-vie et le compte-titres ordinaire (CTO) sont les deux seules enveloppes d'investissement sans plafond de versements. Elles permettent toutes les deux d'investir en bourse, mais leur logique fiscale est opposée : l'assurance-vie ne taxe rien tant que l'argent reste dans le contrat, alors que le compte-titres taxe chaque vente gagnante et chaque dividende. Ce comparatif chiffre ce qu'il reste vraiment après impôts et frais, dans les situations où chaque enveloppe gagne, puis indique laquelle choisir selon l'usage que vous ferez de votre argent.
En bref : lequel choisir ?
- L'assurance-vie si vous voulez arbitrer votre allocation sans impôt, sécuriser une partie du capital sur le fonds euros, retirer progressivement sous l'abattement annuel ou transmettre : c'est la seule des deux qui porte un avantage fiscal en propre.
- Le compte-titres si vous achetez des titres introuvables en assurance-vie (actions en direct du monde entier, certains fonds de private equity) ou des ETF capitalisants que vous ne revendrez pas avant longtemps.
- Pas forcément les deux : aucune n'est plafonnée, donc la seconde ne s'impose que si elle répond à un objectif précis. Et si vos placements sont éligibles au PEA, c'est lui qu'il faut remplir en premier.
- Depuis 2026, le compte-titres est taxé à 31,4 % contre 17,2 % de prélèvements sociaux maintenus sur l'assurance-vie : l'écart s'est creusé en faveur du contrat.
Assurance-vie et compte-titres : deux logiques opposées
Le compte-titres ordinaire est un compte ouvert dans une banque ou chez un courtier en ligne pour acheter et conserver des titres financiers : actions, obligations, ETF, fonds. Il n'a ni plafond, ni durée minimale, ni restriction géographique. En contrepartie, il n'offre aucun cadre fiscal particulier : vos gains sont imposés comme n'importe quel revenu de capitaux mobiliers, au moment où vous les encaissez.
L'assurance-vie est un contrat d'assurance. Vos versements sont investis sur un fonds euros, dont le capital est garanti par l'assureur, et sur des unités de compte : ETF, fonds actions ou obligataires, immobilier, private equity, selon les supports proposés par le contrat. Tant que vous ne retirez rien, aucun impôt n'est dû, même quand vous passez d'un placement à un autre. Ses autres atouts sont détaillés dans notre guide pourquoi ouvrir une assurance-vie.
La distinction qui commande tout le reste : l'assurance-vie porte des avantages fiscaux qui lui sont propres, en cours de vie comme à la transmission. Le compte-titres n'en porte aucun, à une exception près : l'effacement de la plus-value latente lors d'une donation ou d'une succession.
Choisir entre les deux revient donc moins à comparer des taux qu'à répondre à deux questions. Que doit faire cet argent : croître sans être touché, être arbitré au fil des cycles, produire des revenus, être transmis ? Et à quel horizon ? Placer tout son capital dans un contrat « parce que c'est mieux fiscalement », ou tout sur un compte-titres « parce qu'il n'y a pas de frais de contrat », sont deux erreurs symétriques.
Assurance-vie vs compte-titres : le comparatif
| Critère | Compte-titres | Assurance-vie |
|---|---|---|
| Nature | Compte bancaire qui accueille des titres financiers | Contrat d'assurance souscrit auprès d'un assureur |
| Plafond de versements | Aucun | Aucun |
| Univers d'investissement | Actions et obligations du monde entier, ETF, fonds, produits dérivés, certains fonds de private equity | Fonds euros garanti, unités de compte : ETF, fonds, SCPI, private equity, produits structurés, selon le contrat |
| Garantie du capital | Aucune | Oui sur le fonds euros, non sur les unités de compte |
| Fait générateur de l'impôt | Chaque vente en plus-value, chaque dividende ou coupon perçu | Uniquement le rachat (retrait) ou le dénouement du contrat |
| Arbitrer entre deux placements | Vendre puis racheter : la plus-value est imposée | Arbitrage interne au contrat : aucun impôt |
| Fiscalité des gains | 31,4 % (12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux) | Après 8 ans : 24,7 % ou 30 % selon l'encours, après un abattement annuel de 4 600 € / 9 200 € |
| Moins-values | Imputables sur les plus-values de même nature pendant 10 ans | Compensées à l'intérieur du contrat |
| Frais | Courtage à chaque ordre, droits de garde selon l'établissement, frais des fonds | Frais de gestion annuels (autour de 1 % pour un contrat accompagné), frais des supports, éventuels frais sur versements |
| Transmission | Dans la succession, droits selon le lien de parenté, mais plus-value latente effacée | Hors succession : 152 500 € exonérés par bénéficiaire (versements avant 70 ans) |
| Changer d'établissement | Transfert possible sans vendre, prix de revient conservé | Pas de transfert vers un autre assureur sans racheter (possible chez le même assureur) |
Quelle fiscalité pour l'assurance-vie et le compte-titres ?
Fiscalité du compte-titres
Chaque vente en plus-value est soumise au prélèvement forfaitaire unique, la « flat tax », de 31,4 % depuis 2026 : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Il n'existe aucun abattement lié à la durée de détention pour les titres achetés depuis 2018. Les dividendes et les coupons d'obligations sont taxés au même taux, l'année où vous les percevez, même si vous les réinvestissez : la banque prélève d'ailleurs un acompte de 12,8 % à la source, sauf demande de dispense si votre revenu fiscal de référence est modeste.
Vous pouvez opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu à la place des 12,8 %. Cette option, globale pour tous vos revenus de capitaux de l'année, n'est intéressante que si votre taux marginal d'imposition est de 0 % ou 11 %, ou pour des dividendes, qui bénéficient alors d'un abattement de 40 %.
Le compte-titres a un levier que l'assurance-vie n'a pas : les moins-values réalisées s'imputent sur les plus-values de même nature de l'année, puis des 10 années suivantes. Vendre une ligne perdante la même année qu'une ligne gagnante réduit donc l'impôt.
Fiscalité de l'assurance-vie
Tant qu'aucun retrait n'est effectué, il n'y a aucune imposition, sauf les prélèvements sociaux prélevés chaque année sur les intérêts du fonds euros. Lors d'un retrait, seule la part de gains contenue dans la somme retirée est imposée, jamais le capital versé :
- Avant 8 ans : prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux).
- Après 8 ans : abattement annuel de 4 600 € de gains pour une personne seule, 9 200 € pour un couple marié ou pacsé, sur l'impôt sur le revenu. Au-delà, le taux d'impôt est de 7,5 % tant que vos versements restent sous 150 000 €, puis de 12,8 % sur la part correspondant au dépassement. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur la totalité des gains.
| Au moment de retirer | Compte-titres | Assurance-vie |
|---|---|---|
| Avantage fiscal propre à l'enveloppe | Non | Oui : abattement annuel et taux réduit après 8 ans |
| Quand l'impôt est-il dû ? | À chaque vente en plus-value et chaque année sur les dividendes et coupons | Seulement au rachat, sur la part de gains contenue dans le retrait |
| Abattement annuel sur les gains | Aucun | 4 600 € (personne seule) / 9 200 € (couple), sur l'impôt sur le revenu, après 8 ans |
| Taux d'impôt sur le revenu | 12,8 % | Avant 8 ans : 12,8 %. Après 8 ans : 7,5 % jusqu'à 150 000 € de versements, 12,8 % au-delà |
| Prélèvements sociaux | 18,6 % | 17,2 % (taux maintenu en 2026) |
| Taux global | 31,4 % | 30 % avant 8 ans ; 24,7 % après 8 ans (30 % sur la part au-delà de 150 000 €) |
L'assurance-vie a été expressément exclue de la hausse des prélèvements sociaux à 18,6 % votée pour 2026. Sur 100 000 € de gains, l'écart de prélèvements sociaux atteint à lui seul 1 400 € en faveur du contrat, avant même de compter l'abattement annuel et le taux réduit de 7,5 %.
Pour les revenus élevés, ni 30 % ni 31,4 % ne sont un plafond : les plus-values du compte-titres comme les gains de rachat entrent dans le revenu fiscal de référence et peuvent déclencher la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, de 3 à 4 % au-delà de 250 000 € pour une personne seule et 500 000 € pour un couple.
Arbitrer sans impôt : l'avantage le plus sous-estimé
On présente souvent le compte-titres comme une enveloppe à « impôt différé » : tant que vous ne vendez pas, votre plus-value n'est pas taxée. C'est vrai, mais ce n'est pas un avantage du compte-titres, c'est simplement l'absence de vente. Le jour où vous voulez modifier votre allocation, la règle se retourne contre vous.
Prenons un portefeuille de 200 000 € investi en actions, dont 80 000 € de plus-value. À 55 ans, vous souhaitez réduire le risque et basculer la moitié vers des placements plus prudents. Sur un compte-titres, vendre 100 000 € de titres réalise 40 000 € de plus-value, soit 12 560 € d'impôt payés immédiatement : ce capital ne travaillera plus jamais pour vous. Dans une assurance-vie, le même arbitrage, des unités de compte actions vers le fonds euros ou des fonds obligataires, ne coûte aucun impôt. Le rééquilibrage annuel, la prise de bénéfices après une forte hausse, le passage d'un fonds à un ETF moins cher : tout se fait sans frottement fiscal.
Plus votre gestion est active, plus l'assurance-vie protège votre capital de l'impôt. C'est d'ailleurs tout l'intérêt d'un contrat accompagné : les arbitrages décidés avec votre conseiller au fil des cycles ne déclenchent aucune fiscalité tant que l'argent reste dans le contrat.
Frais : ce que coûte chaque enveloppe
Le compte-titres ne facture rien au titre de l'enveloppe elle-même. Restent le courtage à chaque achat et à chaque vente, les éventuels droits de garde (nuls chez la plupart des courtiers en ligne, parfois élevés en banque de réseau) et les frais courants des fonds ou ETF que vous achetez. Il n'offre, en revanche, aucun accompagnement : allocation, rééquilibrages, choix des supports, tout repose sur vous.
L'assurance-vie prélève des frais de gestion annuels sur l'encours, autour de 1 % pour un contrat accompagné. Ils rémunèrent la gestion du contrat et le conseil : construction de l'allocation, arbitrages, suivi dans le temps, rédaction de la clause bénéficiaire. S'y ajoutent les frais des unités de compte : 0,1 à 0,3 % pour un ETF, davantage pour un fonds géré activement.
Les frais qui coûtent vraiment cher sont ailleurs : des frais sur versements de 3 à 5 %, encore courants dans les contrats de banques de réseau, soit 3 000 à 5 000 € perdus d'emblée sur 100 000 € versés, et des fonds facturés 2 % par an sans performance supérieure à celle d'un ETF équivalent. Un contrat sans frais d'entrée, investi sur des supports bien choisis, préserve l'essentiel de l'avantage fiscal.
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Simulation : combien reste-t-il après impôts et frais ?
Pour comparer sur des bases concrètes, prenons un épargnant seul qui place 100 000 € en une fois dans les mêmes ETF actions, avec un rendement brut de 6 % par an, et qui retire tout en une seule fois à l'échéance. Trois cas :
- Compte-titres passif : ETF capitalisant à 0,2 % de frais, aucune vente avant l'échéance, puis 31,4 % sur la plus-value.
- Compte-titres arbitré : même ETF, mais le portefeuille est réorganisé tous les 5 ans (changement de support, rééquilibrage), ce qui réalise la plus-value et déclenche l'impôt à chaque fois.
- Assurance-vie accompagnée : 0 % de frais sur versements, 1 % de frais de gestion par an, mêmes ETF, arbitrages sans impôt, abattement de 4 600 € appliqué à la sortie.
| Durée | CTO passif (net) | CTO arbitré (net) | Assurance-vie (net) |
|---|---|---|---|
| 8 ans | 139 098 € | 137 806 € | 134 613 € |
| 15 ans | 191 212 € | 183 105 € | 177 175 € |
| 25 ans | 312 244 € | 274 052 € | 268 169 € |
Trois enseignements se dégagent.
- Pour un investisseur autonome qui ne touche à rien, le compte-titres conserve davantage. Sans frais de contrat, un ETF capitalisant jamais revendu garde environ 4 500 € de plus au bout de 8 ans et 14 000 € au bout de 15 ans. C'est le cas de figure le plus favorable au compte-titres, et il suppose une discipline totale : aucune vente, aucun changement de support pendant des décennies.
- Dès que le portefeuille vit, l'écart fond. Réorganiser le compte-titres tous les 5 ans suffit à faire passer l'écart à 25 ans de 44 000 € à moins de 6 000 €. Avec des arbitrages plus fréquents, ou des dividendes taxés chaque année, il se réduit encore.
- La simulation ne valorise pas ce que seule l'assurance-vie sait faire. Fonds euros garanti pour la part prudente, retraits étalés sous l'abattement annuel, accompagnement dans les choix d'allocation et surtout transmission hors succession : sur ce dernier point, l'écart se compte en dizaines de milliers d'euros, comme le montre la section suivante.
Cette simulation est illustrative : le rendement n'est pas garanti et les marchés ne progressent pas de façon régulière. Elle suppose des versements inférieurs à 150 000 € et un investisseur imposé à la flat tax.
Quelle enveloppe pour transmettre son patrimoine ?
C'est sur ce terrain que les deux enveloppes s'opposent le plus, et chacune a un atout.
L'assurance-vie transmet hors succession. Pour les versements effectués avant vos 70 ans, chaque bénéficiaire désigné profite d'un abattement de 152 500 € (article 990 I du CGI), puis d'un prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 € et de 31,25 % au-delà. Cet abattement s'ajoute aux 100 000 € d'abattement de la succession par enfant, et il se multiplie avec le nombre de bénéficiaires. Pour les versements après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s'applique aux versements, et les gains sont exonérés. Le conjoint et le partenaire de PACS sont totalement exonérés.
Le compte-titres entre dans la succession et supporte les droits de succession classiques selon le lien de parenté. Son atout : la plus-value latente est entièrement effacée. Les héritiers, ou les donataires en cas de donation, reçoivent les titres avec un prix de revient égal à leur valeur au jour de la transmission (article 150-0 D du CGI) : la plus-value accumulée n'est jamais imposée, ni à l'impôt sur le revenu, ni aux prélèvements sociaux. Sur l'assurance-vie, cette purge ne joue que pour l'impôt sur le revenu : les gains non encore taxés au jour du décès supportent les prélèvements sociaux.
Exemple chiffré
Un parent veuf laisse à ses deux enfants une maison de 400 000 € et un portefeuille financier de 300 000 €, constitué de 200 000 € de versements et 100 000 € de plus-value. La maison, partagée en deux parts de 200 000 €, absorbe déjà l'abattement de 100 000 € de chaque enfant.
| Portefeuille de 300 000 € | Sur un compte-titres | Dans une assurance-vie (versements avant 70 ans) |
|---|---|---|
| Valeur transmise | 300 000 € | 300 000 € |
| Régime applicable | Succession classique : les 100 000 € d'abattement par enfant sont déjà absorbés par la maison | Article 990 I : 152 500 € d'abattement par bénéficiaire, hors succession |
| Droits de succession / prélèvement | 30 000 € par enfant, soit 60 000 € | 0 € (150 000 € par enfant, sous l'abattement) |
| Impôt sur la plus-value latente de 100 000 € | 0 € : la plus-value est purgée | 17 200 € de prélèvements sociaux sur les gains |
| Coût fiscal total | 60 000 € | 17 200 € |
L'assurance-vie fait économiser environ 43 000 € à la famille, soit bien plus que l'écart de la simulation précédente sur 25 ans. Le calcul peut s'inverser dans un cas précis : un patrimoine sans autre bien qui consomme les abattements de succession, et un portefeuille dont la plus-value représente l'essentiel de la valeur. La purge totale du compte-titres devient alors précieuse. D'où l'intérêt de faire le calcul sur votre propre situation, et de soigner la rédaction de la clause bénéficiaire.
Dans quels cas le compte-titres reste-t-il indispensable ?
Le compte-titres n'est pas une enveloppe de second rang. Il garde plusieurs usages que l'assurance-vie ne couvre pas :
- Les actions en direct du monde entier. Une assurance-vie donne accès à des fonds et des ETF, rarement à des actions individuelles. Pour acheter des actions américaines ou asiatiques en direct, faire du stock picking ou souscrire à une introduction en bourse, le compte-titres est la seule option. Notre guide comment acheter des actions détaille les étapes.
- Les titres de votre entreprise : actions gratuites, stock-options ou BSPCE sont livrés sur un compte-titres. Côté retraite, un dirigeant dispose aussi d'un levier propre, détaillé dans notre guide du PER du dirigeant.
- Certains fonds de private equity non référencés en assurance-vie. Les fonds dits fiscaux (FCPR et FPCI respectant l'article 163 quinquies B du CGI) ouvrent même une exonération d'impôt sur le revenu sur leurs distributions, contre un engagement de conservation de 5 ans et le réinvestissement des sommes distribuées. Les prélèvements sociaux restent dus.
- Un portefeuille destiné à être transmis avec une forte plus-value : des ETF capitalisants à faibles frais, jamais revendus, dont la plus-value sera effacée par une donation ou la succession.
- Les ETF et actions que vous ne trouvez ni dans votre PEA ni dans votre contrat, par exemple des ETF thématiques non éligibles au PEA comme ceux présentés dans notre sélection des meilleurs ETF blockchain.
Pour les patrimoines les plus importants, deux solutions complètent le tableau : l'assurance-vie luxembourgeoise, qui ajoute un cadre de protection renforcé et un univers d'investissement plus large, et le contrat de capitalisation, cousin de l'assurance-vie qui peut être donné de son vivant en conservant son antériorité fiscale.
Et le PEA dans tout ça ?
Avant de choisir entre assurance-vie et compte-titres pour des actions européennes ou des ETF éligibles, posez la question du PEA. Après 5 ans, ses gains sont exonérés d'impôt sur le revenu (seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus), et les arbitrages à l'intérieur du plan ne sont pas imposés. Il est plafonné à 150 000 € de versements, mais des ETF à réplication synthétique permettent d'y loger des indices mondiaux, comme le montre notre sélection des meilleurs ETF PEA.
L'ordre le plus fréquent est donc : PEA pour les actions, assurance-vie pour la diversification, la part sécurisée et la transmission, compte-titres pour ce qu'aucune des deux ne peut accueillir. Notre comparatif PEA ou assurance-vie détaille l'arbitrage entre les deux premières, et notre panorama des 8 investissements pour faire fructifier votre argent replace ces enveloppes parmi les autres placements.
Assurance-vie ou compte-titres : que choisir selon votre profil ?
Vous investissez seul en ETF, sur le long terme
Remplissez d'abord un PEA avec des ETF larges, par exemple un ETF MSCI World. Au-delà du plafond, ou pour des ETF non éligibles, un compte-titres avec des ETF capitalisants, sans jamais les revendre, est l'option la moins coûteuse. Ouvrez tout de même une assurance-vie sans frais d'entrée, même avec une petite somme, pour faire courir le délai de 8 ans : le jour où vous voudrez sécuriser ou transmettre, elle sera prête.
Vous voulez une allocation diversifiée et suivie
L'assurance-vie est l'enveloppe naturelle : fonds euros pour la part prudente, ETF actions, fonds obligataires, immobilier, et des arbitrages réguliers sans impôt. C'est là que les frais de gestion prennent leur sens : ils rémunèrent l'allocation, les rééquilibrages et le suivi qui évitent les erreurs coûteuses, comme vendre en pleine baisse ou laisser tout son capital sur le fonds euros pendant 20 ans.
Vous achetez des actions en direct
Le compte-titres est indispensable pour les actions hors d'Europe, le PEA pour les actions européennes. Pensez à utiliser vos moins-values : elles se reportent sur 10 ans et réduisent l'impôt des années gagnantes. L'assurance-vie peut accueillir, en parallèle, la part de votre épargne que vous ne voulez pas exposer au risque d'une ligne individuelle.
Vous avez 60 ans ou plus et pensez à la transmission
L'assurance-vie devient prioritaire, avec des versements avant 70 ans pour profiter de l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Un compte-titres déjà très en plus-value mérite d'être conservé plutôt que vendu pour alimenter un contrat : la vente déclencherait 31,4 % d'impôt, alors qu'une donation ou la succession effacera cette plus-value. Ce type d'arbitrage se décide au cas par cas, idéalement avec votre conseiller et votre notaire.
Les erreurs à éviter
- Vendre un compte-titres très en plus-value pour « passer en assurance-vie » sans avoir calculé l'impôt immédiat.
- Souscrire un contrat avec 3 à 5 % de frais sur versements : c'est le premier poste à vérifier.
- Laisser des dividendes s'accumuler sur un compte-titres quand l'objectif est la capitalisation : chaque dividende est taxé à 31,4 %, un ETF capitalisant évite ce frottement.
- Ne jamais mettre à jour la clause bénéficiaire de son assurance-vie après un mariage, une naissance ou un divorce.
- Attendre pour ouvrir une assurance-vie : le délai de 8 ans court dès le premier versement.
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Questions fréquentes
Vaut-il mieux investir en ETF sur un compte-titres ou dans une assurance-vie ?
Pour un investisseur autonome qui achète des ETF capitalisants et ne les revend pas pendant 15 ou 20 ans, le compte-titres conserve un peu plus à la sortie, faute de frais de contrat. L'assurance-vie reprend l'avantage dès que vous arbitrez votre allocation (sans impôt à l'intérieur du contrat), que vous voulez sécuriser une partie du capital sur le fonds euros, que vous retirez progressivement sous l'abattement annuel ou que vous préparez une transmission. Et si vos ETF sont éligibles au PEA, c'est souvent le PEA qu'il faut remplir en premier.
Le compte-titres est-il plus taxé que l'assurance-vie ?
Oui, à la sortie. Le compte-titres taxe chaque plus-value et chaque dividende à 31,4 % depuis 2026. Une assurance-vie de plus de 8 ans est taxée à 24,7 % sur les gains (30 % sur la part liée aux versements au-delà de 150 000 €), après un abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 € d'impôt sur le revenu. Surtout, le compte-titres taxe au fil de l'eau, alors que l'assurance-vie ne taxe qu'au retrait.
Peut-on transférer un compte-titres vers une assurance-vie ?
Non. Aucune passerelle n'existe entre les deux : il faut vendre les titres, ce qui déclenche l'impôt sur les plus-values, puis verser les liquidités sur le contrat. L'inverse est vrai aussi. En revanche, un compte-titres peut être transféré d'une banque à une autre sans vendre, en conservant le prix de revient des titres.
Peut-on détenir un compte-titres et une assurance-vie en même temps ?
Oui, et rien ne limite le nombre de comptes-titres ni de contrats d'assurance-vie. Ni l'un ni l'autre n'est plafonné : ouvrir le second n'est donc jamais une obligation pour contourner un plafond, contrairement au PEA. Chaque enveloppe se justifie par l'usage que vous faites de l'argent.
Quelle enveloppe choisir pour transmettre à ses enfants ?
Dans la grande majorité des cas, l'assurance-vie, grâce à l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire sur les versements effectués avant 70 ans, qui s'ajoute aux 100 000 € d'abattement de la succession. Le compte-titres a un atout propre : la plus-value latente est entièrement effacée au décès ou lors d'une donation. Il devient intéressant pour un portefeuille dont la plus-value est très élevée, ou quand les abattements de succession ne sont pas déjà utilisés par d'autres biens.
Comment fonctionnent les moins-values sur un compte-titres ?
Une moins-value réalisée l'année d'une vente vient réduire les plus-values de même nature réalisées la même année. S'il reste un solde négatif, il est reportable sur les plus-values des 10 années suivantes. C'est un levier propre au compte-titres : dans une assurance-vie, gains et pertes se compensent à l'intérieur du contrat, sans report possible à l'extérieur.
Le compte-titres est-il garanti en cas de faillite de la banque ?
Les titres restent la propriété du client : ils sont conservés séparément des actifs de la banque. Si l'établissement ne pouvait pas les restituer, le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) couvre les titres jusqu'à 70 000 € par client et par établissement. Côté assurance-vie, le Fonds de garantie des assurances de personnes (FGAP) couvre jusqu'à 70 000 € par assuré et par assureur.
Que se passe-t-il en cas de retrait avant 8 ans sur une assurance-vie ?
Le contrat n'est pas fermé et seule la part de gains contenue dans le retrait est imposée, au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux). C'est un peu moins que les 31,4 % d'un compte-titres. Ouvrir une assurance-vie tôt, même avec une petite somme, permet de faire courir le délai de 8 ans.
Sources
- Code général des impôts, article 125-0 A (fiscalité des rachats d'assurance-vie, abattement après 8 ans, seuil de 150 000 €)
- Code général des impôts, article 200 A (prélèvement forfaitaire unique de 12,8 %)
- Code général des impôts, article 150-0 D (prix d'acquisition des titres reçus par donation ou succession, report des moins-values sur 10 ans)
- Code général des impôts, articles 990 I et 757 B (transmission de l'assurance-vie)
- Code général des impôts, article 779 et barème de l'article 777 (abattement de 100 000 € et droits de succession en ligne directe)
- Code de la sécurité sociale, article L. 136-7 (prélèvements sociaux sur les produits de placement)
- Loi de financement de la Sécurité sociale 2026 : prélèvements sociaux à 18,6 %, assurance-vie maintenue à 17,2 %
- FGDR et FGAP : mécanismes de garantie des titres et des contrats d'assurance-vie
Cet article a un caractère informatif et pédagogique ; il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation d'achat ou de vente, ni un conseil fiscal. Les simulations sont illustratives et reposent sur des hypothèses de rendement et de frais qui ne préjugent pas des résultats futurs. L'investissement comporte un risque de perte en capital, partielle ou totale, notamment sur les supports en unités de compte qui n'offrent aucune garantie en capital. Les taux, plafonds et abattements cités sont ceux en vigueur à la date de publication. Avant tout investissement, consultez le Document d'Informations Clés (DIC) et, le cas échéant, un conseiller habilité.