Assurance vie luxembourgeoise ou française : le comparatif complet

L'assurance-vie luxembourgeoise a la réputation d'être le contrat des grands patrimoines. Elle est surtout un contrat différent : mieux protégé en cas de faillite de l'assureur, plus ouvert en matière d'investissements, pensé pour la mobilité internationale, mais plus exigeant à l'entrée. Pour un résident français, la fiscalité, elle, est exactement la même. Ce comparatif passe en revue, point par point, ce qui distingue un contrat luxembourgeois d'un contrat français, pour savoir lequel correspond à votre situation.
En bref
- En cas de faillite de l'assureur, un contrat français est garanti à 70 000 € par le FGAP ; un contrat luxembourgeois est protégé sans plafond grâce au triangle de sécurité et au superprivilège.
- La loi Sapin 2, qui permet de bloquer temporairement les retraits en cas de crise, vise les assureurs français, pas les assureurs luxembourgeois.
- Le contrat luxembourgeois ouvre un univers plus large : plusieurs devises, titres vifs, private equity, fonds internes dédiés (FID) et fonds d'assurance spécialisés (FAS).
- Pour un résident fiscal français, la fiscalité est strictement identique : même régime de rachat, même abattement après 8 ans, mêmes règles de transmission.
- Le contrat luxembourgeois s'adresse aux patrimoines importants : chez Nvestir, il s'envisage à partir de 250 000 €.
Assurance-vie française ou luxembourgeoise : le tableau récapitulatif
Avant d'entrer dans le détail, voici les différences essentielles entre les deux contrats.
| Critère | Contrat français | Contrat luxembourgeois |
|---|---|---|
| Protection en cas de faillite de l'assureur | FGAP : 70 000 € par assuré et par assureur | Triangle de sécurité et superprivilège, sans plafond |
| Blocage temporaire des retraits (Sapin 2) | Possible en cas de crise grave | Dispositif français, non applicable |
| Supports d'investissement | Fonds euros, OPCVM, ETF, SCPI, SCI | Architecture ouverte : titres vifs, private equity, produits structurés, FID, FAS |
| Devises | Euro | Plusieurs devises dans un même contrat (EUR, USD, CHF, GBP…) |
| Ticket d'entrée | Quelques centaines d'euros | 250 000 € minimum chez Nvestir |
| Frais de gestion (contrats sélectionnés par Nvestir) | 1 % par an, sans frais sur versement ni d'arbitrage | 0,8 à 0,96 % par an |
| Fonds euros | Largement disponible | Plus rare, souvent sous conditions |
| Fiscalité pour un résident français | Régime de l'assurance-vie | Identique : régime de l'assurance-vie française |
| Déménagement à l'étranger | Contrat conservé, fiscalité française parfois moins adaptée | Contrat portable, conçu pour la mobilité internationale |
| Déclaration annuelle | Aucune | Déclaration du contrat étranger (formulaire 3916-3916 bis) |
Comment fonctionne une assurance-vie luxembourgeoise ?
Sur le principe, rien ne change : vous versez de l'argent sur un contrat, il est investi sur des supports que vous choisissez ou que vous confiez à un gérant, vous pouvez le récupérer à tout moment, et à votre décès, le capital revient aux bénéficiaires désignés dans la clause bénéficiaire. Si vous découvrez le produit, notre guide pourquoi ouvrir une assurance-vie en explique les bases.
La différence tient à l'assureur : le contrat est émis par une compagnie établie au Grand-Duché de Luxembourg, contrôlée par le Commissariat aux Assurances (CAA), le régulateur luxembourgeois. Plusieurs grands groupes y ont une filiale dédiée à ces contrats, comme Swiss Life avec sa filiale luxembourgeoise. Grâce à la libre prestation de services au sein de l'Union européenne, ces assureurs peuvent proposer leurs contrats à des résidents français.
Le Luxembourg n'a pas été choisi par hasard : c'est l'une des places financières les plus stables d'Europe, notée AAA par les trois grandes agences de notation, avec une longue tradition de gestion de patrimoine transfrontalière. Son cadre juridique est construit pour protéger des épargnants venus de toute l'Europe.
Quel pays protège le mieux le capital investi ?
C'est la différence la plus importante entre les deux contrats, et la raison principale pour laquelle les patrimoines importants se tournent vers le Luxembourg. Elle concerne un risque rare mais lourd de conséquences : la faillite de l'assureur.
En France : le FGAP, plafonné à 70 000 €
Si un assureur français fait défaut, le Fonds de garantie des assurances de personnes (FGAP) indemnise les assurés dans la limite de 70 000 € par assuré et par assureur, tous contrats d'épargne confondus chez cet assureur. Au-delà, l'épargnant dispose d'un privilège sur les actifs de l'assureur, mais il n'est pas remboursé en premier : d'autres créanciers passent avant lui, et la procédure peut être longue. Pour un contrat de quelques dizaines de milliers d'euros, la garantie suffit. Pour un patrimoine de plusieurs centaines de milliers d'euros, elle ne couvre qu'une petite partie de l'épargne.
Au Luxembourg : le triangle de sécurité
Le système luxembourgeois repose sur trois acteurs, qui se contrôlent mutuellement. C'est ce que l'on appelle le triangle de sécurité.
| Acteur | Rôle |
|---|---|
| L'assureur luxembourgeois | Émet le contrat et gère la relation avec vous, mais ne détient pas vos actifs sur son propre bilan. |
| La banque dépositaire | Conserve les actifs représentatifs de votre contrat sur des comptes séparés, distincts de ceux de l'assureur, sous convention de dépôt. |
| Le Commissariat aux Assurances (CAA) | Le régulateur luxembourgeois agrée la banque dépositaire, contrôle le dispositif et peut bloquer les actifs pour protéger les assurés. |
Concrètement, les actifs qui représentent votre contrat ne sont pas mélangés avec ceux de l'assureur : ils sont déposés chez une banque dépositaire agréée, sur des comptes séparés. Si l'assureur fait faillite, ces actifs restent identifiables et ne peuvent pas servir à rembourser ses autres créanciers.
Le superprivilège : premier créancier, sans plafond
À cette séparation des actifs s'ajoute le superprivilège prévu par la loi luxembourgeoise sur le secteur des assurances. En cas de faillite de l'assureur, les souscripteurs sont des créanciers de premier rang sur les actifs représentatifs de leurs contrats : ils passent avant tous les autres créanciers, y compris l'État et les salariés de l'assureur. Et contrairement au FGAP, cette protection n'a pas de plafond.
Voici ce que cela change selon le montant placé chez un même assureur :
| Montant placé | Contrat français | Contrat luxembourgeois |
|---|---|---|
| 70 000 € | Entièrement couvert par le FGAP | Protégé par le superprivilège |
| 300 000 € | 70 000 € couverts par le FGAP, 230 000 € exposés à la procédure de liquidation | Protégé par le superprivilège, sans plafond |
| 1 000 000 € | 70 000 € couverts par le FGAP, 930 000 € exposés à la procédure de liquidation | Protégé par le superprivilège, sans plafond |
Une précision essentielle : cette protection porte sur le risque de faillite de l'assureur, pas sur le risque de marché. Si vos unités de compte baissent parce que les marchés baissent, ni le FGAP ni le superprivilège ne compensent cette perte. Le triangle de sécurité protège le contenant, pas la performance du contenu.
La loi Sapin 2 : votre argent peut-il être bloqué ?
La loi Sapin 2, adoptée en 2016, a donné au Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) le pouvoir de prendre des mesures exceptionnelles sur les contrats d'assurance-vie des assureurs français, en cas de menace grave pour la stabilité du système financier. Il peut notamment :
- suspendre ou retarder temporairement les retraits (rachats) ;
- limiter les arbitrages entre supports ;
- restreindre la faculté de mettre en place des avances sur le contrat.
Ces mesures sont limitées dans le temps : trois mois au plus, renouvelables si la menace persiste. Elles n'ont encore jamais été activées. Leur objectif est d'éviter qu'un mouvement de panique ne pousse tous les épargnants à retirer leur argent en même temps, ce qui forcerait les assureurs à vendre massivement leurs actifs, notamment les obligations qui composent les fonds euros.
Le dispositif ne remet pas en cause le capital garanti du fonds euros : il agit sur le calendrier des retraits, pas sur leur montant. Mais pour un épargnant qui a besoin de pouvoir disposer de son argent à tout moment, même dans une crise, c'est une contrainte réelle. Or la loi Sapin 2 relève du droit français : elle vise les assureurs français et ne s'applique pas aux contrats émis par un assureur luxembourgeois.
Assurance-vie luxembourgeoise
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Quels supports d'investissement en France et au Luxembourg ?
Un contrat français donne accès à un fonds euros à capital garanti et à des unités de compte : fonds actions et obligations, ETF (voir notre guide qu'est-ce qu'un ETF), SCPI et SCI pour l'immobilier. Pour la très grande majorité des épargnants, cette gamme est largement suffisante.
Le contrat luxembourgeois fonctionne en architecture ouverte : l'assureur ne se limite pas à une liste de fonds maison, il ouvre l'accès à un univers beaucoup plus large, et surtout à des véhicules propres à votre contrat.
FID, FAS, FIC : les véhicules propres au Luxembourg
| Véhicule | Fonctionnement | Pour qui |
|---|---|---|
| Fonds externes | Les OPCVM, ETF et fonds référencés par l'assureur, comme en France, mais sur une liste souvent bien plus large. | Tous les souscripteurs |
| Fonds interne collectif (FIC) | Une allocation gérée par un professionnel et partagée par plusieurs souscripteurs qui suivent la même stratégie. | Souscripteurs qui veulent une gestion professionnelle mutualisée |
| Fonds interne dédié (FID) | Un fonds propre à votre contrat, confié à une banque privée ou une société de gestion selon un mandat individualisé. | Patrimoines importants qui veulent une gestion sur mesure |
| Fonds d'assurance spécialisé (FAS) | Un fonds propre à votre contrat dans lequel vous choisissez vous-même les titres (actions, obligations, ETF…), dans les limites fixées par la réglementation. | Investisseurs expérimentés qui veulent garder la main |
L'accès à ces véhicules est encadré par le Commissariat aux Assurances, qui classe les souscripteurs en catégories selon le montant investi dans le contrat et leur patrimoine financier. Plus la catégorie est élevée, plus l'univers d'actifs autorisé s'élargit : titres non cotés, private equity, dette privée, fonds alternatifs, produits structurés sur mesure. C'est l'une des raisons pour lesquelles le contrat luxembourgeois prend tout son sens avec un patrimoine important.
Investir en plusieurs devises
Un contrat luxembourgeois peut être libellé et investi dans plusieurs devises : euro, dollar américain, franc suisse, livre sterling. C'est utile si vous avez des revenus, des projets ou des héritiers dans une autre zone monétaire, ou si vous souhaitez diversifier votre exposition monétaire. La contrepartie est le risque de change : une devise qui baisse face à l'euro réduit la valeur de votre épargne exprimée en euros, même si les placements, eux, ont progressé.
L'immobilier : un point fort des contrats français
Sur un point, le contrat français garde l'avantage : l'accès simple aux SCPI et SCI, qui permettent d'investir dans l'immobilier dès quelques centaines d'euros, au sein de l'enveloppe fiscale de l'assurance-vie. Ces supports sont moins courants sur les contrats luxembourgeois, qui privilégient l'immobilier via des fonds ou des véhicules non cotés.
Le fonds euros luxembourgeois
Le fonds euros est l'emblème de l'assurance-vie française : capital garanti, intérêts acquis chaque année sur la plupart des contrats. Au Luxembourg, il est moins répandu. Certains contrats en proposent, parfois via un assureur partenaire, mais souvent sous conditions, par exemple une part minimale investie en unités de compte. Si la sécurité du fonds euros est votre priorité absolue, le contrat français reste la référence. Le contrat luxembourgeois se choisit pour sa protection juridique et son architecture ouverte.
Ticket d'entrée et gestion du contrat
Ticket d'entrée : 250 000 € pour un contrat luxembourgeois
Un contrat français s'ouvre avec quelques centaines d'euros et accepte des versements programmés modestes. Un contrat luxembourgeois vise des montants bien plus élevés : chez Nvestir, il s'envisage à partir de 250 000 €. Ce seuil n'est pas arbitraire : c'est à partir de ces montants que la protection sans plafond, l'architecture ouverte et la gestion sur mesure apportent une vraie différence par rapport à un bon contrat français.
Des démarches plus formelles
Les contrats français sont largement digitalisés : souscription en ligne, arbitrages en quelques clics, versements programmés. Les contrats luxembourgeois restent plus formels : vérifications de conformité approfondies (origine des fonds, profil investisseur, catégorie de souscripteur), documents plus nombreux, délais de mise en place plus longs. C'est la contrepartie d'un cadre de protection exigeant, et c'est pourquoi l'accompagnement d'un conseiller spécialisé est presque indispensable.
Le mode de gestion se choisit comme en France, avec plus d'options : gestion libre, gestion confiée à un gérant via un fonds interne dédié, ou fonds d'assurance spécialisé pour garder la main sur chaque titre. Pour comprendre ces options, voir notre guide gestion libre, profilée ou pilotée.
Les frais : contrat français ou luxembourgeois ?
Sur les contrats que Nvestir sélectionne, les frais de gestion s'élèvent à 1 % par an pour un contrat français, sans frais sur versement ni frais d'arbitrage, et de 0,8 à 0,96 % par an pour un contrat luxembourgeois, selon le contrat et le montant investi.
Pour comparer deux contrats, regardez l'ensemble des frais, pas seulement les frais de gestion :
- Les frais sur versement, prélevés sur chaque somme versée : ce sont souvent les plus pénalisants sur la durée.
- Les frais des supports, propres à chaque fonds ou ETF, qui s'ajoutent aux frais du contrat.
- Les frais de gestion financière d'un fonds interne dédié, lorsque vous confiez la gestion à une banque privée ou à une société de gestion.
Le document d'informations clés de chaque contrat détaille ces frais. Un conseiller peut vous aider à les comparer sur votre situation réelle.
La fiscalité est-elle différente ?
Non. C'est l'idée reçue la plus répandue sur l'assurance-vie luxembourgeoise : elle ne permet pas de payer moins d'impôt. Le Luxembourg applique un principe de neutralité fiscale : il ne prélève aucun impôt à la source sur les contrats souscrits par des non-résidents. Le contrat est imposé dans votre pays de résidence, selon ses règles. Pour un résident fiscal français, ce sont donc exactement les règles de l'assurance-vie française.
La fiscalité des retraits
En cas de retrait, seule la part de gains contenue dans le retrait est imposée, selon l'âge du contrat :
| Âge du contrat | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux | Abattement |
|---|---|---|---|
| Avant 8 ans | 12,8 % | 17,2 % | Aucun |
| Après 8 ans, jusqu'à 150 000 € de versements | 7,5 % | 17,2 % | 4 600 € de gains par an (9 200 € pour un couple) |
| Après 8 ans, au-delà de 150 000 € de versements | 12,8 % sur la part concernée | 17,2 % | Même abattement annuel |
Vous pouvez aussi opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu à la place du taux forfaitaire, ce qui n'est intéressant que si votre taux marginal d'imposition est faible. Selon le contrat, l'assureur luxembourgeois dispose d'un représentant fiscal en France qui effectue les prélèvements pour vous ; sinon, c'est à vous de déclarer les gains.
La transmission
À votre décès, le capital transmis aux bénéficiaires suit les mêmes règles que pour un contrat français, hors succession :
| Cas | Règle |
|---|---|
| Versements avant 70 ans | 152 500 € exonérés par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà (article 990 I du CGI). |
| Versements après 70 ans | Abattement global de 30 500 € sur les versements, tous contrats confondus ; les gains sont exonérés ; le reste suit les droits de succession (article 757 B du CGI). |
| Conjoint ou partenaire de PACS | Totalement exonéré, quel que soit le montant. |
Si des bénéficiaires vivent à l'étranger, ou si vous-même changez de pays, les règles de transmission peuvent se croiser entre plusieurs États : c'est un point à travailler avec un conseiller, en lien avec votre notaire.
La déclaration annuelle du contrat
Seule vraie contrainte administrative : un contrat d'assurance-vie souscrit auprès d'un assureur établi hors de France doit être déclaré chaque année avec votre déclaration de revenus, sur le formulaire 3916-3916 bis. Cette déclaration ne génère aucun impôt, mais son oubli est sanctionné par une amende de 1 500 € par contrat non déclaré. Par ailleurs, les administrations fiscales européennes échangent automatiquement leurs informations : un contrat luxembourgeois n'a rien d'opaque.
Mobilité internationale : l'atout du contrat luxembourgeois
Si vous partez vivre à l'étranger, un contrat français continue de fonctionner, mais il n'est pas toujours adapté à la fiscalité de votre nouveau pays, et certains assureurs limitent les opérations des non-résidents. Le contrat luxembourgeois, lui, est pensé pour la mobilité : il vous suit d'un pays à l'autre et s'adapte à la fiscalité de votre nouveau pays de résidence, sans devoir le clôturer ni perdre son antériorité. Pour les expatriés, les frontaliers ou les familles dont les enfants vivent à l'étranger, c'est souvent l'argument décisif.
Peut-on transférer un contrat français au Luxembourg ?
Non, pas directement. Le droit français ne permet pas de transférer une assurance-vie d'un assureur vers un autre en conservant son antériorité. Passer au Luxembourg suppose de racheter le contrat français, avec deux conséquences : l'imposition des gains contenus dans le rachat, et la perte de l'antériorité fiscale, qui fait repartir le délai de 8 ans à zéro.
La solution la plus courante est de conserver le contrat français, surtout s'il a plus de 8 ans, et d'ouvrir un contrat luxembourgeois à côté pour les nouveaux capitaux : produit d'une cession, héritage, épargne accumulée. Les deux contrats se complètent très bien.
Les inconvénients de l'assurance-vie luxembourgeoise
Le contrat luxembourgeois n'est pas fait pour tout le monde. Ses limites à connaître :
- Un ticket d'entrée élevé : 250 000 € minimum chez Nvestir, ce qui le réserve aux patrimoines importants.
- Un fonds euros plus rare et souvent soumis à conditions : moins adapté à un profil très prudent.
- Des démarches plus lourdes : conformité approfondie, documents plus nombreux, mise en place plus longue.
- Une déclaration annuelle du contrat à ne pas oublier.
- Une structure de frais à analyser selon le véhicule choisi (fonds externes, FID, FAS).
- Le risque de change si vous investissez dans d'autres devises que l'euro.
Assurance-vie française ou luxembourgeoise : laquelle choisir ?
Le bon choix dépend surtout de trois éléments : le montant à placer, vos projets de mobilité et vos besoins d'investissement.
Moins de 250 000 € à placer
Un contrat français bien choisi est la solution naturelle : accessible, sans frais sur versement sur les contrats que Nvestir sélectionne, avec un fonds euros et une large gamme d'unités de compte.
Un patrimoine financier important
Au-delà de 250 000 €, la protection sans plafond du triangle de sécurité devient un vrai sujet, et l'architecture ouverte permet une allocation plus fine. Le contrat luxembourgeois mérite d'être étudié.
Une mobilité internationale probable
Expatriation prévue, enfants à l'étranger, carrière internationale : la portabilité du contrat luxembourgeois est souvent l'argument décisif.
Des besoins d'investissement spécifiques
Plusieurs devises, titres vifs, private equity, produits structurés sur mesure : le FID et le FAS ouvrent un univers difficile d'accès dans un contrat français.
Les deux contrats ne s'opposent pas : beaucoup de patrimoines importants détiennent les deux, un contrat français pour le fonds euros, les SCPI et l'antériorité déjà acquise, et un contrat luxembourgeois pour la protection, les devises et la gestion sur mesure. Si vous hésitez encore sur l'enveloppe elle-même, voir aussi nos comparatifs assurance-vie ou compte-titres et PEA ou assurance-vie.
Le mot de la fin
L'assurance-vie luxembourgeoise ne fait pas payer moins d'impôt : elle protège mieux, ouvre plus d'options d'investissement et suit son souscripteur à l'étranger. Pour un patrimoine financier de plus de 250 000 €, une mobilité internationale probable ou des besoins d'investissement spécifiques, elle mérite une étude sérieuse. En dessous, un contrat français bien choisi reste la solution la plus simple et la plus efficace. Dans les deux cas, le choix du contrat, de ses frais et de sa gestion compte davantage que le pays de l'assureur.
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Questions fréquentes
Peut-on ouvrir une assurance-vie luxembourgeoise en résidant en France ?
Oui. Un résident fiscal français peut souscrire un contrat auprès d'un assureur luxembourgeois. Le contrat est alors soumis à la fiscalité française de l'assurance-vie, exactement comme un contrat français : il n'y a pas d'avantage ni de pénalité fiscale liés au pays de l'assureur.
Quel est le montant minimum pour une assurance-vie luxembourgeoise ?
Il n'y a pas de minimum légal, mais les assureurs et les intermédiaires fixent leurs propres seuils. Chez Nvestir, un contrat luxembourgeois s'envisage à partir de 250 000 €. En dessous, un contrat français bien choisi est généralement plus adapté.
L'assurance-vie luxembourgeoise est-elle mieux protégée qu'un contrat français ?
En cas de faillite de l'assureur, oui. En France, le Fonds de garantie des assurances de personnes couvre 70 000 € par assuré et par assureur. Au Luxembourg, les actifs du contrat sont déposés chez une banque dépositaire, séparés du bilan de l'assureur, et l'assuré bénéficie d'un superprivilège qui le place avant les autres créanciers, sans plafond. Attention : cette protection porte sur le risque de défaillance de l'assureur, pas sur les pertes de marché. Les unités de compte restent soumises aux variations des marchés.
La loi Sapin 2 s'applique-t-elle aux contrats luxembourgeois ?
Non. La loi Sapin 2 permet au Haut Conseil de stabilité financière de limiter temporairement les retraits et les arbitrages sur les contrats des assureurs français, en cas de menace grave pour le système financier. Ce dispositif relève du droit français et ne vise pas les assureurs luxembourgeois.
La fiscalité d'un contrat luxembourgeois est-elle différente ?
Non, pour un résident fiscal français. Le Luxembourg ne prélève aucun impôt à la source sur les contrats de non-résidents, et les gains sont imposés en France selon les règles habituelles de l'assurance-vie : abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) après 8 ans, taux de 7,5 % ou 12,8 %, et 17,2 % de prélèvements sociaux. La transmission suit aussi les articles 990 I et 757 B du CGI.
Faut-il déclarer une assurance-vie luxembourgeoise aux impôts ?
Oui. Tout contrat d'assurance-vie souscrit auprès d'un organisme établi hors de France doit être déclaré chaque année avec votre déclaration de revenus, sur le formulaire 3916-3916 bis. L'oubli est sanctionné par une amende de 1 500 € par contrat non déclaré (10 000 € si le contrat est dans un État non coopératif). La déclaration est simple et ne change rien à la fiscalité du contrat.
Peut-on transférer une assurance-vie française vers le Luxembourg ?
Non, pas directement. Passer d'un contrat français à un contrat luxembourgeois suppose de racheter le contrat français, ce qui peut déclencher de l'impôt sur les gains et fait perdre son antériorité fiscale. La solution la plus courante est de conserver le contrat français et d'ouvrir un contrat luxembourgeois à côté, pour les nouveaux versements.
Y a-t-il un fonds euros dans une assurance-vie luxembourgeoise ?
Certains contrats luxembourgeois proposent un fonds en euros à capital garanti, mais l'offre est plus restreinte qu'en France et souvent soumise à des conditions, par exemple une part minimale investie en unités de compte. Un contrat luxembourgeois se choisit avant tout pour sa protection et son architecture ouverte, pas pour son fonds euros.
Que devient le contrat si je pars vivre à l'étranger ?
Il continue de fonctionner. C'est l'un des principaux intérêts du contrat luxembourgeois : il est conçu pour suivre son souscripteur d'un pays à l'autre et s'adapter à la fiscalité du nouveau pays de résidence, sans devoir le clôturer ni perdre son antériorité.
Quels sont les inconvénients d'une assurance-vie luxembourgeoise ?
Un ticket d'entrée élevé, un fonds euros plus rare, des démarches moins digitalisées et plus formelles qu'en France, une déclaration annuelle du contrat à ne pas oublier, et une structure de frais à bien analyser selon le véhicule choisi (FID, FAS, fonds externes). Pour les investissements en devises, le risque de change s'ajoute au risque de marché.
Sources
- Fonds de garantie des assurances de personnes (FGAP) : plafond de garantie de 70 000 € par assuré et par assureur
- Commissariat aux Assurances (CAA), Luxembourg : protection des preneurs d'assurance, triangle de sécurité et règles de placement des contrats en unités de compte
- Loi luxembourgeoise du 7 décembre 2015 sur le secteur des assurances : privilège des preneurs d'assurance
- Loi Sapin 2 (2016), article 49 : pouvoirs du Haut Conseil de stabilité financière
- Service-Public.fr, fiscalité de l'assurance-vie (rachats, abattement annuel, seuil de 150 000 €)
- Code général des impôts, articles 990 I et 757 B (transmission) et article 1766 (déclaration des contrats souscrits à l'étranger)
- Impots.gouv.fr, formulaire 3916-3916 bis : déclaration des comptes et contrats d'assurance-vie ouverts à l'étranger
Cet article a un caractère informatif et pédagogique ; il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation d'achat ou de vente, ni un conseil fiscal. L'investissement en unités de compte comporte un risque de perte en capital, partielle ou totale, et les investissements en devises exposent à un risque de change. La protection du triangle de sécurité et le superprivilège portent sur le risque de défaillance de l'assureur, pas sur les variations des marchés. Les taux, plafonds et abattements cités sont ceux en vigueur à la date de publication. Avant tout investissement, consultez le Document d'Informations Clés (DIC) et, le cas échéant, un conseiller habilité.